- Garantie sur assurance vie : de quoi parle-t-on exactement ?
- FGAP : la garantie des dépôts en assurance vie en cas de faillite
- Le capital investi en assurance vie est-il garanti ?
- Garantie plancher : protection en cas de décès
- Assurance vie et limites de garantie
- Comment vérifier la solidité d’un assureur ?
L'essentiel
Garantie sur assurance vie : de quoi parle-t-on exactement ?
La garantie sur un contrat d’assurance vie peut désigner plusieurs choses qui n’ont pas la même finalité ni les mêmes règles. Cette distinction est essentielle pour comprendre le fonctionnement de l’assurance vie et le niveau de protection réellement accordé à l’épargnant.
La protection légale offerte par le FGAP (fonds de garantie des assurances de personnes) constitue le mécanisme de référence en cas de défaillance de la compagnie d’assurance. Mis en place en 1999 et codifié aux articles L. 423-1 et suivants du Code des assurances, il fait l’objet du sujet central de cette page.
À côté du FGAP, deux autres garanties de l’assurance vie méritent d’être distinguées pour éviter toute confusion.
- La garantie en capital du fonds euros, qui protège le capital investi contre toute perte pendant la phase d’épargne, indépendamment de l’évolution des marchés.
- La garantie plancher, une option proposée sur certains contrats multisupports pour assurer aux bénéficiaires un capital minimal en cas de décès de l’assuré pendant une période de moins-value.
Ces deux mécanismes interviennent dans des situations très différentes de celles qui déclenchent le FGAP, et ils sont traités en complément dans les parties suivantes.
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FGAP : la garantie des dépôts en assurance vie en cas de faillite
Le FGAP constitue la protection de référence en cas de défaillance d’un assureur agréé en France. Il s’agit du mécanisme légal codifié aux articles L. 423-1 et suivants du Code des assurances, mis en place en 1999 pour préserver les droits des assurés lorsque leur compagnie ne peut plus honorer ses engagements.
Quel est le rôle du FGAP ?
Le fonds de garantie des assurances de personnes a pour mission de protéger les assurés de contrats souscrits auprès des sociétés d’assurance qui lui adhèrent.
Les contrats couverts relèvent de plusieurs catégories, telles que définies aux articles L. 423-1 et R. 423-2 du Code des assurances.
- Les contrats d’assurance vie ;
- Les contrats d’assurance décès ;
- Les contrats de capitalisation ;
- Les contrats couvrant des dommages corporels : il s’agit de contrats garantissant les risques d’accident ou de maladie (incapacité, invalidité), souscrits auprès de sociétés d’assurance de personnes, à l’exclusion des sociétés d’assurance de dommages ;
- Les plans d’épargne retraite assurantiels (PER individuels ou collectifs) ainsi que les contrats de groupe à adhésion obligatoire visés à l’article L. 441-1 du Code des assurances.
L’intervention du FGAP couvre un risque bien précis : le défaut de l’assureur, et non une baisse de marché. Autrement dit, il ne protège pas contre les moins-values sur des unités de compte. Il intervient uniquement quand l’établissement assureur est lui-même défaillant.
Dans quels cas le FGAP intervient-il ?
Le déclenchement de la garantie FGAP ne s’opère pas au moindre signal de fragilité financière. La procédure suit plusieurs étapes encadrées par l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution).
- L’ACPR place la société d’assurance sous surveillance et lui impose des mesures de redressement.
- Si ces mesures échouent et que la société ne peut plus honorer ses engagements, l’ACPR saisit le FGAP. En parallèle, un appel d’offres est lancé pour transférer tout ou partie du portefeuille de contrats à un assureur solvable.
- Si les contrats sont repris par un cessionnaire, le FGAP intervient uniquement pour couvrir la part des droits des assurés non prise en charge par ce repreneur. Si aucun transfert n’est possible, les assurés sont indemnisés directement par le fonds de garantie.
Quel est le plafond de garantie ?
Le plafond d’indemnisation du FGAP s’établit à 70 000 € par assuré et par compagnie d’assurance, tous contrats confondus. Ce seuil est relevé à 90 000 € pour les rentes d’incapacité ou d’invalidité.
Voici un exemple concret : un souscripteur qui détient trois contrats d’assurance vie auprès d’un même assureur pour un encours total de 150 000 € ne pourra être indemnisé qu’à hauteur de 70 000 €. Les 80 000 € restants ne bénéficient d’aucune protection spécifique du FGAP. À l’inverse, un assuré qui possède trois contrats de 50 000 € auprès de trois assureurs différents voit l’ensemble de son encours de 150 000 € protégé par le FGAP.
Notons que pour un contrat d’assurance vie souscrit en co-souscription par deux personnes (des conjoints par exemple), chaque souscripteur bénéficie du plafond de 70 000 €, ce qui porte la protection globale du contrat à 140 000 €.
Quels contrats et quels assurés sont couverts ?
Le FGAP protège les personnes physiques titulaires de contrats d’assurance vie, de capitalisation et des autres contrats entrant dans son périmètre, souscrits auprès d’une société d’assurance agréée en France.
Certaines personnes morales sont en revanche exclues du dispositif : les sociétés d’assurance, les établissements de crédit, les organismes de placement collectif et les organismes de retraite.
Cette exclusion ne s’applique toutefois pas aux clients de ces personnes morales lorsque les contrats ont été souscrits à leur profit, qui restent couverts à titre individuel.
Quelques points de vigilance à garder en tête :
- Les mutuelles régies par le code de la mutualité et les institutions de prévoyance relevant du code de la Sécurité sociale ne relèvent pas du FGAP, mais de mécanismes de garantie spécifiques.
- Les sociétés d’assurance dont le siège social est établi dans un autre État de l’Union européenne et qui exercent en France en libre prestation de services ne sont pas couvertes par le FGAP.
- Les sociétés étrangères non communautaires autorisées à exercer en France y adhèrent en revanche obligatoirement.
En cas de doute sur la couverture d’un contrat, la liste des adhérents au fonds de garantie est consultable directement sur le site officiel du FGAP.
Comment fonctionne l’indemnisation ?
L’indemnisation prévue par le FGAP prend en compte l’ensemble des droits de l’assuré auprès de la compagnie défaillante, calculés sur la base de la valeur de rachat au jour où les contrats cessent d’avoir effet.
Cette valeur sert de référence pour le calcul des provisions techniques, qui sont ensuite reconstituées dans la limite du plafond de 70 000 €.
Le FGAP dispose d’un délai de deux mois à compter de la réception de la demande et après vérification de la garantie pour procéder au versement. L’indemnisation vient compléter les sommes issues de la liquidation des actifs par le liquidateur de la société défaillante, sans constituer une garantie illimitée au-delà du plafond réglementaire.
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Le capital investi en assurance vie est-il garanti ?
Le capital garanti figure parmi les premières caractéristiques associées à l’assurance vie. Ce raccourci mérite d’être précisé : la garantie en capital n’existe que pour la partie du contrat investie sur le fonds euros, et ses modalités varient selon les contrats.
La garantie du capital sur le fonds euros
Le fonds euros est un support d’investissement sécurisé proposé dans les contrats d’assurance vie. L’assureur investit les sommes collectées majoritairement en obligations, ce qui lui permet de garantir le capital investi, hors frais et fiscalité.
Cette garantie repose notamment sur un mécanisme appelé effet cliquet : chaque année, les intérêts crédités sont définitivement acquis et viennent s’ajouter au capital, qui ne peut donc pas reculer du fait des marchés.
Concrètement, si un épargnant place 10 000 € sur un fonds euros et obtient 3 % d’intérêts la première année, son capital garanti passe à 10 300 €. L’année suivante, les intérêts se calculent sur cette nouvelle base, et ainsi de suite.
Ce mécanisme est distinct du FGAP. Il s’agit d’un engagement contractuel de l’assureur envers le souscripteur, pas d’une protection légale en cas de défaillance.
Capital garanti brut ou net de frais
La formulation « capital garanti » ne signifie pas toujours la même chose selon les contrats, et ce point mérite une attention particulière.
- Sur les fonds euros classiques, le capital versé par l’épargnant est généralement garanti net de frais de gestion annuels, ce qui signifie que l’assureur prend en charge ces frais sans les déduire du capital.
- Sur certains fonds euros dits de « nouvelle génération » ou « dynamiques », qui intègrent une part plus élevée d’actifs risqués pour viser un meilleur rendement, la garantie peut être partielle : 97 % ou 98 % du capital, par exemple.
- Les fonds eurocroissance constituent une autre catégorie à part : le capital n’y est garanti qu’à une échéance contractuelle minimale (huit ans), avec une valeur qui peut fluctuer avant cette date.
« Capital garanti » ne signifie donc pas nécessairement 100 % du montant versé dans toutes les circonstances, ni une protection contre la perte de pouvoir d’achat liée à l’inflation. Il convient de lire attentivement les conditions du contrat pour connaître le niveau exact de garantie applicable.
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Unités de compte : le capital n’est pas garanti
Contrairement au fonds euros, les unités de compte ne bénéficient d’aucune garantie en capital. Ce sont des supports investis sur les marchés financiers ou immobiliers, qui peuvent prendre la forme d’actions, d’obligations, de parts de fonds immobiliers (SCPI, OPCI) ou d’autres actifs.
Leur valeur peut fluctuer à la hausse comme à la baisse en fonction des marchés. L’assureur n’a aucune obligation contractuelle de restituer le capital initialement investi. Il se porte garant du nombre d’unités de compte achetées par le souscripteur, mais pas de leur valeur.
Le risque de perte en capital est donc réel sur les unités de compte. Un souscripteur qui effectue un rachat ou dont le contrat se dénoue au décès pendant une période de baisse des marchés peut récupérer une somme inférieure aux versements effectués.
Ce risque est d’autant plus significatif que la part d’unités de compte dans le contrat est élevée et que l’horizon de détention est court.
C’est précisément pour répondre à ce risque dans le cadre successoral que la garantie plancher a été conçue.
Garantie plancher : protection en cas de décès
La garantie plancher répond à une logique différente des deux mécanismes précédents : elle ne protège pas l’épargnant lui-même pendant la phase d’épargne, mais ses bénéficiaires en cas de décès. C’est une option qui présente un intérêt particulier dans une optique de transmission patrimoniale.
Comment fonctionne la garantie plancher ?
La garantie plancher de l’assurance vie intervient au décès de l’assuré, si la valeur du contrat à ce moment-là s’avère inférieure aux sommes versées. Dans ce cas, l’assureur prend en charge la différence entre le capital minimum garanti et la valeur réelle du contrat, afin que les bénéficiaires ne subissent pas les moins-values accumulées.
Dans sa version la plus courante, appelée garantie plancher simple, le capital minimum garanti correspond au cumul des versements effectués, diminué des éventuels rachats partiels et avances.
Ainsi, si un épargnant a versé 100 000 € sur son contrat et en a retiré 20 000 €, la garantie plancher simple porte sur 80 000 €. Au décès, si la valeur du contrat n’est plus que de 60 000 € en raison d’une baisse des marchés, les bénéficiaires perçoivent 80 000 €.
Il existe aussi des variantes plus protectrices :
- La garantie plancher indexée : le capital garanti est revalorisé chaque année selon un taux d’indexation défini au contrat.
- La garantie plancher cliquet : le capital garanti correspond à la valeur la plus haute jamais atteinte par le contrat.
- La garantie majorée : le souscripteur détermine lui-même un coefficient de majoration sur le capital transmis.
Pour quels contrats est-elle utile ?
La garantie plancher concerne exclusivement les contrats multisupports, c’est-à-dire ceux qui combinent un fonds euros et des unités de compte. Les contrats monosupports investis uniquement en fonds euros n’en ont pas besoin, puisque le capital y est déjà garanti contractuellement par l’assureur.
Elle présente un intérêt particulier pour les profils qui souhaitent dynamiser leur épargne en investissant une part significative en unités de compte, tout en préservant la valeur transmise à leurs bénéficiaires en cas de décès précoce ou survenu en période de marchés baissiers.
La garantie plancher est souvent proposée en option payante, avec une cotisation calculée en fonction de l’âge de l’assuré et du capital sous risque. De manière générale, plus la garantie est protectrice, plus son coût est élevé. Elle cesse généralement de s’appliquer au-delà d’un certain âge, souvent entre 70 et 80 ans selon les assureurs. Certains contrats l’intègrent d’emblée sans surcoût.
Assurance vie et limites de garantie
Comprendre les garanties de l’assurance vie implique aussi d’en connaître les limites.
Ce que la garantie sur assurance vie ne couvre pas
Plusieurs situations restent hors du périmètre des mécanismes de garantie sur l’assurance vie.
- Le FGAP ne protège pas contre la baisse de valeur des unités de compte : si un contrat perd de la valeur en raison des marchés financiers, cette perte n’est pas compensée par le fonds de garantie.
- La garantie du fonds euros ne couvre pas l’érosion du pouvoir d’achat liée à l’inflation : l’épargne investie peut valoir moins en termes réels si son rendement est inférieur à l’inflation sur plusieurs années.
- Les mécanismes de garantie de l’assurance vie offrent une protection importante, mais ils ne constituent pas une assurance absolue contre tous les scénarios de crise financière extrême.
- La garantie plancher prend fin après un certain âge et peut comporter des exclusions contractuelles à vérifier avant la souscription.
La garantie des dépôts s’apprécie-t-elle par contrat ou par assureur ?
C’est l’un des points les plus souvent mal compris. Comme mentionné plus haut, le plafond du FGAP s’apprécie par assuré et par compagnie d’assurance, et non contrat par contrat. Tous les contrats détenus chez un même assureur sont regroupés et soumis à une limite globale de 70 000 €.
En revanche, si un épargnant détient des contrats auprès de deux assureurs différents, il bénéficie du plafond de 70 000 € séparément chez chacun d’eux. Avec trois assureurs, la protection cumulée atteint donc 210 000 €, par exemple.
Le nombre de contrats détenus n’est pas limité. Ce qui compte est le nombre de compagnies d’assurance distinctes auprès desquelles ils sont souscrits. Chaque assureur ouvre droit à un plafond de garantie indépendant.
Comment vérifier la solidité d’un assureur ?
L’existence du FGAP ne dispense pas d’une réflexion préalable sur la solidité de l’assureur choisi. Une approche prudente repose sur la prévention autant que sur la réparation.
Les bons réflexes avant de souscrire
Quelques indicateurs permettent d’évaluer la robustesse financière d’une compagnie d’assurance.
- Les encours gérés : la taille d’un assureur peut être un indicateur de maturité et d’ancrage sur le marché, sans constituer pour autant une garantie de solidité financière en toutes circonstances.
- Le ratio de solvabilité : les assureurs sont soumis à la directive Solvabilité II, qui impose de détenir un niveau de fonds propres suffisant pour absorber des chocs financiers importants. Ce ratio est publié par l’ACPR et consultable dans les rapports des sociétés.
- La notation financière : certaines agences de notation évaluent régulièrement la solidité des principaux assureurs. Ces données sont utiles à titre indicatif.
Il convient aussi d’éviter de concentrer des montants très importants chez un seul acteur, indépendamment de sa réputation.
Faut-il répartir son épargne entre plusieurs assureurs ?
Pour les patrimoines qui dépassent le plafond de 70 000 €, la diversification entre plusieurs assureurs permet de démultiplier la protection du FGAP. En effet, chaque assureur ouvre droit à un nouveau plafond de garantie indépendant.
Cette stratégie offre également l’opportunité de combiner des contrats aux caractéristiques différentes : un contrat monosupport en fonds euros chez un assureur et un contrat multisupport avec accès à des unités de compte diversifiées chez un autre, par exemple.
Pour autant, le niveau de couverture du FGAP ne doit pas constituer l’unique critère de choix d’un contrat ou d’un assureur. La qualité des supports d’investissement, les frais, les options de gestion, la solidité financière de la compagnie et les objectifs patrimoniaux de l’épargnant restent des éléments tout aussi importants à prendre en compte.
La garantie intervient dans un scénario exceptionnel. Le choix d’un contrat se fait avant tout en fonction de sa capacité à répondre aux besoins de l’investisseur.
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