Private equity immobilier : définition, fonctionnement et enjeux

Le Private Equity immobilier attire de nombreux investisseurs en quête de rendements supérieurs à ceux de l’immobilier traditionnel. Découvrez le fonctionnement de ces fonds, les stratégies disponibles, les véhicules accessibles aux particuliers et les risques à anticiper avant tout engagement.

Qu'est-ce que le Private Equity immobilier ?

L'essentiel

  Immobilier non coté : investissement dans des sociétés non cotées du secteur immobilier via des fonds spécialisés.
  Rendement potentiel élevé : objectifs de rendement pouvant dépasser 12 %, selon la stratégie retenue par le fonds de Private Equity immobilier.
  Liquidité limitée : le capital est immobilisé pendant toute la durée du fonds, soit 7 à 10 ans en général, sans possibilité de sortie organisée avant la liquidation.
  Exonération d’impôt sur le revenu : les fonds dits fiscaux donnent droit à une exonération d'IR sur les plus-values après 5 ans de détention.
  Investisseurs avertis : ce placement s'adresse aux investisseurs avertis, acceptant un risque élevé de perte en capital.

Qu’est-ce que le Private Equity immobilier ?

Zoom sur la définition du Private Equity immobilier, variante du capital-investissement, pour comprendre la logique fondamentale de ce placement et le situer par rapport aux autres formes d’immobilier accessibles aux investisseurs particuliers.

Définition du Private Equity immobilier

Le Private Equity, ou capital-investissement, désigne l’investissement en capital dans des sociétés non cotées en Bourse.

Un fonds de Private Equity immobilier constitue un portefeuille de participations dans des sociétés qui interviennent dans le secteur immobilier et qui ont besoin de financement pour développer leurs activités : promoteurs, marchands de biens, sociétés de réhabilitation, exploitants de résidences gérées, etc.

Pour l’investisseur, souscrire ce type de fonds revient à s’exposer indirectement au marché immobilier, sans acquérir de bien en direct.

Le fonds collecte les capitaux de plusieurs investisseurs, les déploie dans un portefeuille de sociétés immobilières non cotées. Puis, il cherche à réaliser une plus-value lors de la cession de ces participations, plusieurs années plus tard.

Cette approche permet d’accéder à des opérations d’envergure (réhabilitation lourde, promotion, transformation d’usage) qui seraient inaccessibles à un investisseur particulier en direct. Le fait d’investir dans plusieurs sociétés simultanément permet également de ne pas concentrer le risque sur une seule opération, contrairement à un club deal.

En contrepartie, ce type d’investissement implique une immobilisation longue du capital. La durée de vie d’un fonds s’étend généralement sur 7 à 10 ans, avec une période d’investissement de 2 à 5 ans suivie d’une phase de gestion et de cession.

Les rendements cibles affichés sont élevés, mais ils restent des objectifs non garantis et dépendent étroitement de la qualité d’exécution du gestionnaire et des conditions de marché à la sortie.

Différences entre Private Equity immobilier, SCPI et OPCI

Le tableau ci-dessous compare le Private Equity immobilier via des FCPR, la structure de fonds la plus commune, et la SCPI et l’OPCI, d’autres placements immobiliers collectifs.

CritèrePrivate Equity immobilier (FCPR)SCPIOPCI
Actifs sous-jacents50 % minimum en sociétés non cotées dans l’immobilierImmobilier physique professionnel60 % minimum d’immobilier + actifs financiers et liquidités
LiquiditéTrès faibleMoyenne à faibleMoyenne
Rendement7 à 12 %4,91 % en 2025*0,9 % en 2025*
FiscalitéExonération d’impôt possible sur les gains
Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus
Barème de l’IR et prélèvements sociaux de 17,2 % ou fiscalité des SCPI européennesVariable selon l’enveloppe fiscale qui loge l’investissement
Ticket d'entréeQuelques milliers d’eurosDès 200 €Dès quelques dizaines d’euros en assurance vie
Horizon investissementLong terme (7 à 10 ans)Long terme (8 à 10 ans minimum)Long terme (10 ans)
VolatilitéÉlevéeFaible à modéréeModérée
AccessibilitéEn direct
Via l’assurance vie/PER
En direct
Via l’assurance vie/PER
En démembrement
À crédit
Via l’assurance vie/PER
Via un compte-titres

Source : ASPIM (Association des sociétés de placement immobilier)

La SCPI offre une exposition pure à l’immobilier locatif tandis que l’OPCI apporte davantage de souplesse grâce à sa poche financière, mais au prix d’une volatilité plus marquée du fait de son exposition aux marchés financiers.

Le Private Equity immobilier (ou Private Equity Real Estate) cible des opérations d’une autre nature, potentiellement plus rémunératrices, mais avec une liquidité moindre et un risque de perte en capital plus important que les deux autres véhicules.

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Les avantages du Private Equity immobilier

  • Accès à des sociétés immobilières généralement inaccessibles en investissement direct pour des particuliers.
  • Exposition indirecte à l’immobilier via un portefeuille de plusieurs sociétés et projets, sans contrainte de gestion locative.
  • Potentiel de rendement supérieur aux placements immobiliers classiques.
  • Fiscalité potentiellement avantageuse via l’exonération d’IR sur les plus-values après 5 ans de détention des parts (FCPR ou FPCI fiscaux).

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Comment fonctionne le Private Equity immobilier ?

Le fonctionnement d’un fonds de Private Equity immobilier suit un cycle précis, depuis la collecte des capitaux jusqu’au remboursement des investisseurs.

Étapes clés du cycle d’investissement

Un fonds de Private Equity immobilier traverse six grandes phases au cours de sa durée de vie.

1. Levée de fonds

La société de gestion collecte des fonds auprès des investisseurs via un appel public ou privé à l’épargne. Le fonds se trouve souvent structuré sous forme de FCPR ou de FPCI.

Pour les FCPR grand public, le capital est généralement versé en une fois lors de la souscription.

Pour les FPCI et les FCPR destinés aux investisseurs avertis, l’investisseur s’engage sur un montant global qui est versé progressivement au fur et à mesure que le fonds réalise ses investissements, via des appels de fonds successifs.

2. Acquisition et sélection

Le gestionnaire procède à une analyse approfondie des sociétés cibles (modèle économique, solidité financière, qualité des projets menés, potentiel de valorisation). Seuls les dossiers présentant un ratio risque/rendement cohérent avec la stratégie du fonds aboutissent.

3. Gestion active

Une fois les participations prises, le travail de création de valeur commence : accompagnement des équipes dirigeantes, suivi des chantiers, optimisation locative, renégociation de baux.

Pendant cette période, les revenus générés par les sociétés en portefeuille restent bloqués dans le fonds et doivent être réinvestis pour que l’investisseur puisse bénéficier de l’exonération fiscale (voir partie Fiscalité).

4. Pré-liquidation

À compter de cinq ans après la clôture de la période de souscription, le fonds peut commencer à céder progressivement ses participations.

Les cessions peuvent prendre différentes formes :

  • Revente à un investisseur institutionnel ;
  • Cession à un autre fonds ;
  • Introduction de la société en Bourse.

Cette phase prépare la liquidation finale en visant à réaliser les cessions dans les meilleures conditions de marché, sans avoir à tout vendre en même temps.

5. Liquidation

Le fonds cède ses dernières participations et clôt son portefeuille. Cette étape marque la fin de la vie active du fonds.

6. Remboursement

Dans un scénario positif, les investisseurs récupèrent le capital investi, augmenté des éventuelles plus-values nettes de frais. Le remboursement du capital et le versement de plus-values ne sont en aucun cas garantis.

En pratique, le cycle complet d’un placement dans un FCPR/FPCI s’étend souvent sur une durée totale de 7 à 10 ans.

Sources de rendement et modalités de distribution

Le rendement d’un fonds de Private Equity immobilier provient de deux sources principales :

  • Les plus-values réalisées lors de la cession des participations en fin de cycle, une fois les projets menés à terme ;
  • Les revenus générés par les actifs en portefeuille :
    • Revenus issus des prêts ou financements accordés aux sociétés en portefeuille (intérêts, remboursements) ;
    • Dividendes distribués par les sociétés du portefeuille.

La façon dont les sommes sont reversées aux investisseurs varie selon la politique de distribution du fonds :

  • Certains fonds distribuent des revenus en cours de vie (fonds non fiscaux). Les fonds dits fiscaux, quant à eux, peuvent verser de premières distributions après 5 ans, en phase de pré-liquidation ;
  • D’autres conservent les liquidités jusqu’à la liquidation finale et remboursent l’ensemble du capital et des plus-values à la fin du fonds.

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Quels types d’actifs sont ciblés par les fonds de Private Equity immobilier ?

Les fonds de Private Equity immobilier, qu’il s’agisse de FCPR ou de FPCI, sont soumis au même quota réglementaire : au moins 50 % de leur actif doit être investi en titres de sociétés non cotées.

Dans le cadre d’un fonds immobilier, ces sociétés opèrent sur des segments variés du secteur et ont besoin de financement pour conduire leurs projets :

  • Promotion immobilière : sociétés qui pilotent des programmes de construction neuve (logements, bureaux, résidences gérées) et qui ont besoin de fonds propres pour financer les phases de développement, d’obtention des permis et de commercialisation.
  • Réhabilitation et marchands de biens : sociétés spécialisées dans l’acquisition de biens existants en vue de les rénover, les restructurer ou les revendre après valorisation. Le besoin de financement porte sur l’acquisition et les travaux.
  • Exploitation d’actifs immobiliers : sociétés exploitant des résidences gérées (étudiantes, seniors, tourisme), des hôtels ou des commerces, pour lesquelles le fonds apporte un financement de développement ou de croissance.
  • Foncières non cotées : sociétés détenant un patrimoine immobilier locatif, qui cherchent à lever des fonds pour acquérir de nouveaux biens ou refinancer leur portefeuille.

Pour les 50 % restants, les règles diffèrent sensiblement entre les deux véhicules. Un FCPR est soumis à des contraintes réglementaires strictes : il ne peut investir que 20 % maximum de son actif hors Private Equity.

Un FPCI bénéficie d’une latitude nettement plus grande sur cette fraction. Il peut y loger des parts de SCPI ou d’OPCI, des instruments de dette ou des co-investissements aux côtés d’autres investisseurs institutionnels.

Dans les deux cas, un fonds investit dans plusieurs sociétés simultanément, ce qui permet de répartir le risque entre différents projets, secteurs et zones géographiques. Cette diversification constitue l’un des avantages structurels du véhicule collectif par rapport à un investissement sur une opération unique.

Quelles stratégies d’investissement en Private Equity immobilier ?

Les fonds de Private Equity immobilier ne ciblent pas tous le même type d’opérations. Quatre grandes stratégies coexistent, chacune correspondant à un niveau de risque et un potentiel de rendement différents.

Core et Core+ : actifs établis, transformation légère

Les stratégies Core et Core+ ciblent des actifs immobiliers de qualité éprouvée, bien situés, occupés par des locataires solides et générant des revenus réguliers. Le risque opérationnel est censé être plus faible que dans les autres stratégies, mais le manque de liquidité et le risque de marché demeurent.

StratégieActifs ciblésRendement cibleNiveau de risque
CoreImmeubles de bureaux, commerces ou entrepôts logistiques récents, bien loués, dans des grandes métropoles4-6 %Plus limité que les autres stratégies
Core+Mêmes types d'actifs mais nécessitant une légère rénovation ou un repositionnement commercial pour améliorer leur rendement6-9 %Modéré

Value-add et opportuniste : création de valeur élevée

Ces deux stratégies s’adressent aux investisseurs disposés à accepter davantage d’incertitude en échange d’un potentiel de gain supérieur.

StratégieActifs ciblésRendement cibleNiveau de risque
Value-addActifs nécessitant une transformation importante. Exemples : immeuble de bureaux vide reconverti en logements, hôtel en repositionnement de gamme, résidence gérée à créer9-15 %Élevé
OpportunisteConstruction neuve ou restructuration lourde d'un bâtiment dégradé ou d'un terrain à bâtir> 15 %Très élevé

Les rendements ne sont pas garantis. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Critères de choix selon le profil risque/rendement

Le Private Equity immobilier s’adresse en priorité aux investisseurs avertis, capables d’immobiliser un capital significatif sur le long terme et d’assumer un risque réel de perte en capital.

Ce type de placement ne convient pas à un investisseur ayant besoin de liquidités à court ou moyen terme, ni à celui pour qui une perte partielle du capital investi remettrait en cause l’équilibre global de son patrimoine.

De manière générale, il est recommandé de ne pas consacrer plus de 5 à 10 % de son patrimoine financier au Private Equity.

Au sein de cet univers, le choix de la stratégie doit rester cohérent avec le degré de risque que l’investisseur est prêt à assumer :

  • Profil plus “prudent” au sein du Private Equity : les stratégies Core et Core+ portent sur des actifs de qualité établie et présentent un risque opérationnel plus faible que les stratégies de transformation. Elles restent néanmoins soumises au risque de marché, à l’illiquidité et à un risque de perte en capital. Elles ne conviennent pas à un investisseur qui ne peut pas se permettre d’immobiliser un capital significatif ou d’en perdre une partie.
  • Profil dynamique orienté performance : les stratégies value-add et opportunistes visent des rendements plus élevés, en contrepartie d’une incertitude plus grande sur le calendrier de sortie, la réussite des opérations et le niveau de rendement final. Le risque de perte en capital y est plus marqué.

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Les véhicules d’investissement en Private Equity immobilier

En France, le Private Equity immobilier s’organise principalement autour de deux types de fonds réglementés : les FCPR et les FPCI.

Le FCPR (fonds commun de placement à risques)

Le FCPR est le véhicule de Private Equity le plus accessible pour un investisseur particulier. Il doit être soumis à l’agrément de l’AMF (Autorité des marchés financiers).

Concrètement, un FCPR grand public est généralement accessible à partir de quelques milliers d’euros. Pour les versions destinées aux investisseurs professionnels, le ticket minimum monte généralement entre 50 000 et 100 000 €.

En souscrivant à un FCPR immobilier, l’investisseur accède indirectement à un portefeuille de sociétés qui mènent elles-mêmes plusieurs projets immobiliers distincts. Selon la taille et la stratégie du fonds, ce portefeuille peut regrouper une dizaine, voire une trentaine de projets différents, ce qui répartit le risque sur un nombre significatif d’opérations.

La durée de vie d’un FCPR s’étend en général autour de 10 ans, avec une période d’investissement de 3 à 5 ans suivie d’une phase de cession progressive.

L’AMF impose un encadrement strict : document d’information clé (DIC), règlement du fonds, reporting régulier, etc. Ces éléments offrent à l’investisseur une certaine transparence et une protection réglementaire.

Le FPCI (fonds professionnel de capital investissement)

Le FPCI s’adresse exclusivement aux investisseurs professionnels ou avertis, avec une souscription minimale de 100 000 €.

Contrairement au FCPR, il ne requiert pas d’agrément AMF mais fait l’objet d’une simple déclaration. La société de gestion qui le pilote reste en revanche soumise à l’agrément AMF.

Cette distinction donne au gestionnaire une souplesse opérationnelle plus importante : stratégies d’investissement plus larges, ratios de division des risques moins contraignants, montages plus complexes.

Les FPCI immobiliers peuvent ainsi accéder à des opérations institutionnelles de plus grande envergure, avec des profils de risque et de rendement potentiellement plus élevés. En contrepartie, le risque de perte est également plus important.

Les club deals immobiliers : une approche distincte

Les club deals immobiliers sont souvent mentionnés dans l’univers du Private Equity immobilier, mais ils n’en font pas strictement partie. Un club deal réunit un nombre restreint d’investisseurs pour financer une opération immobilière unique, via une société créée spécifiquement pour l’occasion (SCI, SAS, etc.).

Contrairement à un FCPR ou un FPCI, il n’investit pas dans des titres de sociétés non cotées mais directement dans un actif immobilier. L’absence de diversification (une seule opération) le distingue également d’un fonds de Private Equity.

Il peut néanmoins constituer une alternative pour des investisseurs souhaitant s’exposer directement à une opération identifiée, avec un ticket d’entrée souvent élevé et des règles de fonctionnement définies entre les investisseurs.

Investir en Private Equity immobilier : conditions et fiscalité

Avant de souscrire, plusieurs paramètres pratiques sont à examiner : le montant requis selon le véhicule, la fiscalité applicable en fonction du montage, les frais prélevés par le gestionnaire et les conditions de sortie.

Ticket d’entrée

Les conditions d’accès au Private Equity immobilier diffèrent selon le véhicule :

  • Un FCPR immobilier peut être accessible à partir de quelques milliers d’euros pour les versions grand public. Les fonds destinés aux investisseurs avertis imposent néanmoins généralement un minimum de 50 000 à 100 000 €.
  • Un FPCI requiert quant à lui une souscription minimale de 100 000 €, conformément à la réglementation AMF applicable aux investisseurs professionnels et assimilés.
Investir via une enveloppe

En investissant au sein d’un contrat d’assurance vie par exemple, le minimum d’investissement est généralement plus accessible.

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Frais

Concernant les frais, les fonds de Private Equity immobilier pratiquent des frais de gestion annuels, compris le plus souvent entre 1 et 2 % des actifs sous gestion. Cette commission couvre le fonctionnement courant du fonds.

S’y ajoute généralement une commission de surperformance, appelée carried interest, qui peut représenter jusqu’à 20 % des plus-values réalisées au-delà d’un seuil de rendement prédéfini.

Certains fonds facturent également des frais de souscription à l’entrée, le plus souvent compris entre 2 et 5 %.

L’ensemble de ces frais pèse directement sur le rendement net final et doit être analysé avec soin avant tout engagement.

Liquidité

La liquidité du Private Equity immobilier s’avère très limitée. Il n’existe pas de marché secondaire organisé pour les parts de FCPR ou de FPCI immobilier. La situation varie cependant selon le type de fonds.

Pour les fonds fermés classiques, la sortie se fait à la liquidation du fonds, en fin de vie. Même après la période de conservation de 5 ans, il est quasiment impossible d’obtenir le rachat de ses parts avant la dissolution.

Une cession anticipée de gré à gré reste théoriquement possible, mais elle nécessite de trouver un acheteur par ses propres moyens et s’effectue généralement avec une décote significative.

Certains fonds dits « evergreen », à durée de vie perpétuelle, prévoient des fenêtres de rachat périodiques après une période de blocage initiale de 5 ans. Cette liquidité reste cependant conditionnelle : elle dépend de la trésorerie disponible du fonds, peut être suspendue en cas d’événements exceptionnels et n’est jamais garantie.

Sur le plan fiscal, une cession avant 5 ans de détention entraîne la perte de l’éventuelle exonération d’impôt sur le revenu pour le vendeur. L’acheteur sur le marché secondaire, quant à lui, ne peut pas bénéficier des avantages fiscaux attachés à une souscription directe.

En pratique, l’investisseur doit considérer son capital comme immobilisé sur la durée du fonds.

Fiscalité

Le traitement fiscal dépend avant tout du montage juridique retenu par la société de gestion et du véhicule utilisé.

FCPR et FPCI fiscaux

Lorsque le fonds répond aux critères d’un FCPR ou d’un FPCI dit fiscal, les investisseurs personnes physiques peuvent bénéficier d’une exonération d’impôt sur le revenu sur les plus-values de cession et sur les distributions reçues.

Pour cela, il faut respecter trois conditions cumulatives :

  • Conserver les parts pendant au moins 5 ans ;
  • Réinvestir tous les revenus générés dans le fonds pendant cette période ;
  • Ne pas détenir plus de 25 % des droits dans les bénéfices des sociétés en portefeuille.

Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus dans tous les cas. Ce chiffre s’applique depuis le 1er janvier 2025 pour les plus-values de cession et depuis le 1er janvier 2026 pour les dividendes.

Fonds non fiscaux

Pour les FCPR et FPCI non fiscaux, les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 %, qui inclut 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux.

IFI

Sur le plan de l’IFI (impôt sur la fortune immobilière), certains fonds peuvent, selon leur composition et leur structure juridique, être partiellement ou totalement exclus de l’assiette taxable. Ce point mérite d’être vérifié au cas par cas dans la documentation du fonds.

Apport-cession

La plupart des fonds sont éligibles au dispositif d’apport-cession. Pour les chefs d’entreprise qui cèdent leur société, le dispositif de report d’imposition prévu à l’article 150-0 B ter du CGI peut s’appliquer si la holding cède les titres apportés dans les trois ans suivant l’apport et réinvestit le produit de cession (70 % minimum) dans des activités économiques éligibles, dont certains FCPR et FPCI.

Détention via une enveloppe fiscale

Certains fonds de Private Equity immobilier sont accessibles via des enveloppes fiscales : assurance vie française, assurance vie luxembourgeoise ou plan d’épargne retraite (PER). Dans ce cas, c’est la fiscalité propre à l’enveloppe qui s’applique.

Quels sont les risques du Private Equity immobilier ?

Le Private Equity immobilier présente un potentiel de rendement supérieur aux placements immobiliers classiques, mais en contrepartie d’une prise de risque significative.

Risques financiers et opérationnels

  • Illiquidité : le capital s’engage sur 7 à 10 ans sans possibilité de sortie organisée. Il existe également un risque d’immobilisation prolongée du capital investi en cas de difficulté de revente des actifs par le fonds. Tout besoin de liquidité imprévu pendant la durée du fonds ne pourra pas être satisfait par ce placement.
  • Risque de perte en capital : un fonds de Private Equity immobilier ne garantit pas le capital investi. Une opération de transformation qui échoue, un retournement de marché en phase de sortie ou un locataire défaillant peuvent conduire à une perte partielle, voire totale, sur l’actif concerné.
  • Risque de marché : le fonds investit dans des sociétés exposées au secteur immobilier (promotion, marchands de biens, exploitation d’actifs). Un retournement du cycle immobilier, une hausse durable des taux d’intérêt ou une montée de la vacance locative peuvent affecter la valeur de ces sociétés en portefeuille et peser sur les rendements ou les plus-values attendus à la sortie.
  • Risque de concentration : certains fonds investissent dans un nombre limité d’actifs. La défaillance d’un projet majeur affecte alors l’ensemble des investisseurs de manière disproportionnée, sans possibilité de compensation par d’autres opérations.

Risques liés au gestionnaire

  • Dépendance à l’expertise : la performance finale tient en grande partie à la qualité du sourcing et à la capacité opérationnelle de la société de gestion. L’analyse de l’historique du gestionnaire (taux de rendement interne réalisé sur les fonds précédents) constitue une étape primordiale avant toute décision d’investissement.
  • Structure de frais : les différents frais pratiqués par les gestionnaires des fonds de Private Equity immobilier (frais d’entrée, de gestion et de surperformance) peuvent peser significativement sur le rendement net. Il convient de vérifier ces éléments en détail dans le règlement du fonds avant tout investissement.

Le Private Equity immobilier constitue une classe d’actifs exigeante, réservée aux investisseurs avertis capables d’immobiliser un capital significatif sur le long terme. Avant tout investissement, un bilan patrimonial complet permet de vérifier l’adéquation de ce type de placement avec votre situation fiscale, votre horizon d’investissement et votre tolérance au risque.

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Private Equity immobilier : avantages et inconvénients

Avantages

  • Potentiel de rendement élevé

  • Diversification sur plusieurs projets et secteurs immobiliers

  • Exonération d’impôt sur le revenu sur les plus-values après 5 ans (fonds dits fiscaux)

  • Possible de loger des parts de FCPR/FPCI dans une enveloppe fiscale

  • Certains fonds sont éligibles au dispositif d’apport-cession

Inconvénients

  • Capital bloqué pendant 7 à 10 ans, liquidité très limitée

  • Risque de perte en capital

  • Frais potentiellement élevés, notamment en cas de surperformance

  • Ticket d’entrée élevé, particulièrement pour les FPCI, réservés aux investisseurs avertis

Pour en savoir plus sur le Private Equity