SCI à l’IS : faut-il choisir l’impôt sur les sociétés ?

Choisir l’IS pour une SCI, c’est opter pour un régime fiscal à part entière : la société paie l’impôt sur ses bénéfices, amortit ses biens et les associés ne sont imposés que lors des distributions. Mais ce régime cache aussi des contraintes fortes, notamment sur le plan comptable et à la revente. Voici ce qu’il faut savoir avant d’opter pour l’impôt sur les sociétés.

SCI à l'IS : fonctionnement, fiscalité, avantages et limites

L'essentiel

  Imposition au niveau de la société : la SCI à l'IS calcule son propre résultat et paie l'IS, les associés ne sont pas imposés tant qu'ils ne perçoivent pas de dividendes.
  Amortissement du bien : il est possible d'amortir les biens immobiliers chaque année et de déduire cette charge du résultat imposable.
  Taux d'IS : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfices (sous conditions), puis 25 % au-delà.
  Fiscalité à la sortie : le calcul de la plus-value à la revente de l'immeuble est désavantageux et il n’y a pas d’abattement pour durée de détention.
  Option irrévocable : l'option pour l'IS devient définitive à l'issue des 5 premiers exercices.

Qu’est-ce qu’une SCI à l’IS ?

Découvrez à quoi correspond une SCI à l’IS, et notamment ce qui la distingue d’une SCI à l’IR classique.

Définition de la SCI à l’IS

Une SCI à l’IS est une société civile immobilière dont les bénéfices sont imposés au niveau de la société elle-même, et non directement chez les associés.

Contrairement à la SCI à l’IR, dite “transparente”, la SCI à l’IS fonctionne comme une société commerciale classique sur le plan fiscal : elle calcule un résultat, paie l’impôt sur ce résultat, et les associés ne sont imposés personnellement que s’ils perçoivent des dividendes.

Sur le plan du fonctionnement, la SCI à l’IS repose sur les mêmes bases qu’une SCI classique. Elle est constituée d’au moins deux associés, personnes physiques ou morales, qui détiennent des parts sociales proportionnelles à leurs apports.

Ces parts déterminent à la fois les droits de vote en assemblée et la répartition des bénéfices. Celle-ci s’effectue au prorata des parts détenues, sauf disposition contraire prévue dans les statuts.

Un gérant est nommé pour assurer la gestion courante de la société : encaissement des loyers, paiement des charges, souscription des assurances, déclarations fiscales, etc. Il convoque au moins une fois par an les associés en assemblée générale pour approuver les comptes et prendre les décisions importantes.

Ce qui distingue fondamentalement la SCI à l’IS d’une SCI à l’IR, ce n’est pas son fonctionnement juridique mais son régime fiscal. Les bénéfices restent dans la société jusqu’à ce que les associés décident de les distribuer, ce qui leur confère un contrôle total sur le moment et le montant de leur imposition personnelle.

Dans quels cas une SCI passe à l’IS ?

Par défaut, les sociétés civiles immobilières sont assujetties à l’impôt sur le revenu. Deux situations conduisent une SCI à l’IS :

  • L’option volontaire

Les associés décident d’opter pour l’IS en notifiant ce choix au service des impôts des entreprises (SIE). Cette option doit être exercée avant la fin du troisième mois de l’exercice au titre duquel la SCI souhaite être soumise à l’IS pour la première fois. Concrètement, une SCI clôturant au 31 décembre doit notifier son option avant le 31 mars de l’année concernée.

  • La soumission de droit

Certaines activités font basculer la SCI à l’IS sans qu’aucune démarche ne soit nécessaire. C’est notamment le cas lorsque la société exerce une activité commerciale dont les recettes dépassent 10 % de son chiffre d’affaires hors taxes total. La location meublée est l’exemple le plus courant.

Ce seuil est apprécié sur la moyenne des recettes de l’exercice en cours et des trois exercices précédents : un dépassement ponctuel n’entraîne donc pas automatiquement le passage à l’IS si la moyenne reste en dessous du seuil.

En revanche, un dépassement récurrent sur la période de référence conduit à l’assujettissement à l’IS de l’ensemble des revenus de la société.

À qui s’adresse la SCI à l’IS ?

La SCI à l’IS est souvent envisagée dans les situations suivantes :

  • Investisseurs dont la tranche marginale d’imposition est élevée et qui souhaitent limiter la remontée immédiate de revenus fonciers dans leur foyer fiscal ;
  • Projets immobiliers avec travaux importants, permettant de tirer pleinement parti de l’amortissement du bâti ;
  • Stratégie de capitalisation : les bénéfices sont conservés dans la société plutôt que distribués et peuvent ainsi être réinvestis dans une logique de capitalisation ;
  • Détention patrimoniale de long terme avec volonté de piloter comptablement les résultats de la société.

Ce régime ne convient pas à tous les profils. Son intérêt dépend étroitement du niveau des loyers, des charges, de la durée de détention envisagée et des objectifs de transmission.

Les avantages de la SCI à l’IS

  • La SCI à l’IS permet d’amortir le bien immobilier chaque année et de déduire cette charge du résultat, réduisant ainsi l’impôt dû pendant la phase de détention.
  • Les bénéfices non distribués ne sont pas imposés chez les associés, ce qui permet de capitaliser et de réinvestir sans imposition personnelle immédiate.
  • L’assiette de charges déductibles est plus large qu’à l’IR.
  • Les déficits sont reportables sans limitation de durée sur les bénéfices futurs de la société.
  • Le taux réduit de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfices peut être inférieur à la tranche marginale d’imposition de certains associés.

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Fiscalité de la SCI à l’IS

La fiscalité d’une SCI soumise à l’impôt sur les sociétés repose sur trois piliers : les taux applicables, le traitement des charges et le sort des bénéfices non distribués.

Imposition des bénéfices

La SCI à l’IS calcule un résultat fiscal annuel et paie l’impôt sur les sociétés. Deux taux cohabitent à ce titre :

  • 15 % sur la fraction des bénéfices inférieure ou égale à 42 500 €, sous réserve que le chiffre d’affaires soit inférieur à 10 millions d’euros et que le capital soit détenu à au moins 75 % par des personnes physiques ;
  • 25 % sur la fraction des bénéfices qui dépasse 42 500 €, et sur l’ensemble des bénéfices si les conditions du taux réduit ne sont pas remplies.
Gains non intégrés dans la déclaration de revenus des associés

Les bénéfices ne sont pas intégrés dans la déclaration de revenus des associés tant qu’ils ne sont pas distribués. C’est l’une des différences fondamentales avec la SCI à l’IR.

Charges déductibles et amortissements

La SCI à l’IS bénéficie d’une assiette de charges déductibles plus large qu’à l’IR. Sont notamment déductibles du résultat imposable :

  • Les frais d’acquisition (frais de notaire, frais d’agence, droits d’enregistrement) ;
  • Les intérêts d’emprunt ;
  • Les travaux d’entretien, de réparation et d’amélioration ;
  • Les charges de gestion courante (assurances, honoraires de gestion, frais comptables) ;
  • La taxe foncière ;
  • Les charges de copropriété ;
  • La rémunération du gérant ;
  • Les amortissements du bâti.

L’amortissement est l’un des principaux leviers fiscaux de la SCI à l’IS. Il permet de constater chaque année, en comptabilité, la dépréciation du bien immobilier et de déduire cette charge du résultat imposable.

Seul le bâti est amortissable : le terrain sur lequel il est construit n’entre pas dans la base d’amortissement.

La durée d’amortissement varie selon les composants (gros œuvre, toiture, installations, agencements), généralement entre 15 et 40 ans. Par exemple, un immeuble acheté 200 000 € (hors terrain) amorti linéairement sur 25 ans représente ainsi 8 000 € de charge déductible par an, soit une économie d’impôt potentielle de 1 200 à 2 000 € annuels selon le taux d’impôt sur les sociétés applicable.

Distribution des bénéfices et fiscalité chez l’associé

Tant que les bénéfices restent dans la société, les associés ne sont pas imposés. L’imposition personnelle n’intervient que lors de la distribution de dividendes.

Dans ce cas, les dividendes sont soumis, au choix de l’associé :

  • Soit au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux) ;
  • Soit au barème progressif de l’impôt sur le revenu après abattement de 40 %, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux.

Il est important de distinguer le résultat fiscal de la SCI, qui supporte l’IS, du revenu que les associés perçoivent effectivement. Un associé peut tout à fait n’avoir aucun revenu imposable au titre de sa participation dans une SCI à l’IS si aucun dividende n’est distribué, même si la société a dégagé un bénéfice.

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Les points forts de la SCI à l’IS

La SCI à l’IS présente plusieurs atouts, notamment pendant la phase de détention du bien.

Optimisation fiscale pendant la détention

L’avantage fiscal principal de la SCI à l’IS réside dans la possibilité de réduire significativement le résultat imposable grâce à l’amortissement du bien et à la déduction de charges que l’IR ne permet pas de prendre en compte (frais d’acquisition notamment).

Dans certains cas, le résultat fiscal de la SCI peut être ramené à zéro ou proche de zéro pendant les premières années de détention, ce qui permet d’éliminer, ou presque, l’impôt sur les sociétés dû.

Cet avantage est d’autant plus marqué que les loyers perçus sont importants et que les charges déductibles sont élevées. Néanmoins, il disparaît une fois les amortissements entièrement consommés.

Capitalisation et réinvestissement

La SCI à l’IS permet de conserver les bénéfices annuels dans la société sans imposition personnelle immédiate et sans limite de temps. Les bénéfices non distribués restent disponibles pour financer de nouveaux investissements, rembourser un emprunt ou constituer une trésorerie au sein de la société.

Pour un investisseur dont l’objectif n’est pas de vivre des revenus locatifs mais d’accumuler du patrimoine, ce mécanisme peut être plus efficace qu’une remontée automatique des revenus dans l’IR des associés.

Report des déficits

Lorsque la SCI à l’IS enregistre un déficit au cours d’un exercice, ce déficit n’est pas perdu. Il est conservé dans la société et vient en déduction des bénéfices imposables des exercices suivants, sans limitation de durée.

Ce mécanisme, dit de « report en avant« , permet de lisser la charge fiscale dans le temps et de ne payer l’IS que sur des bénéfices nets des pertes antérieures.

L’imputation est plafonnée à 1 million d’euros par exercice, majoré de 50 % du bénéfice excédant ce seuil, mais ce plafond ne concerne en pratique que les structures de grande taille. Pour la quasi-totalité des SCI, il n’a aucun impact.

Intérêt dans certains projets immobiliers

La SCI à l’IS se révèle particulièrement adaptée dans les cas suivants :

  • Immeubles avec travaux importants, dont la valeur amortissable est élevée dès l’acquisition ;
  • Financement par emprunt significatif, avec des intérêts déductibles sur plusieurs années ;
  • Horizon de détention moyen ou long, permettant de bénéficier pleinement des amortissements avant une éventuelle sortie ;
  • Pilotage structuré du résultat via une comptabilité commerciale complète.

Limites et risques de la SCI à l’IS

La SCI à l’IS n’est pas sans contraintes. Certains aspects, notamment la fiscalité à la sortie et le formalisme comptable, peuvent peser lourd si le choix n’a pas été suffisamment anticipé.

Plus-value à la revente à la revente d’un immeuble

C’est un des points de vigilance les plus importants de la SCI à l’IS. À la différence de la SCI à l’IR, qui bénéficie du régime des plus-values immobilières des particuliers avec des abattements progressifs, la SCI à l’IS relève du régime des plus-values professionnelles à la revente d’un immeuble.

Deux conséquences majeures en découlent :

  • Aucun abattement pour durée de détention n’est applicable ;
  • La valeur nette comptable sert de base au calcul, et non le prix d’acquisition d’origine. Puisque les amortissements réduisent mécaniquement la valeur nette comptable, la plus-value imposable est beaucoup plus élevée qu’elle ne le serait avec un régime d’imposition des particuliers.

Exemple : une SCI achète un immeuble 300 000 €, dont 250 000 € de bâti amortissable et 50 000 € de terrain non amortissable. Après 15 ans d’amortissements cumulés de 100 000 €, la valeur nette comptable du bâti tombe à 150 000 €. Si le bien est revendu 400 000 €, la plus-value imposable est de 200 000 € (400 000 € – 150 000 € de bâti net – 50 000 € de terrain), taxée à l’IS au taux de 25 %, soit 50 000 € d’impôt. Les économies d’impôt réalisées pendant la détention peuvent ainsi être absorbées, voire dépassées, par la charge fiscale à la sortie.

Ce mécanisme ne signifie pas que la SCI à l’IS est défavorable dans tous les cas, mais il impose d’intégrer la fiscalité de sortie dès la réflexion initiale.

Double imposition en cas de distribution

La distribution de dividendes entraîne une double imposition :

  • La SCI paie d’abord l’IS sur son résultat ;
  • Puis l’associé supporte à son tour le PFU à 31,4 % (ou le barème progressif après abattement de 40 %) lorsqu’il perçoit des dividendes.

Ce mécanisme n’est pas nécessairement rédhibitoire. Dans certains cas, la charge fiscale globale reste limitée.

Si les amortissements ont permis de réduire significativement le résultat imposable pendant la détention, la base sur laquelle l’IS a été calculé est bien plus faible que les loyers bruts perçus.

Un associé fortement imposé à l’IR (tranche à 41 ou 45 %) peut ainsi se retrouver avec une imposition totale sur les revenus locatifs comparable, voire inférieure, à ce qu’il aurait supporté en détention directe. Ce calcul est cependant fin et dépend étroitement de la situation personnelle de chaque associé.

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Formalisme comptable et déclaratif

La SCI à l’IS est soumise aux mêmes obligations comptables qu’une société commerciale. Elle doit notamment :

  • Tenir une comptabilité complète (bilan, compte de résultat, annexe) ;
  • Établir et déposer une liasse fiscale (formulaire 2065 et annexes) chaque année ;
  • Respecter les délais de dépôt et de paiement des acomptes d’IS ;
  • Faire approuver les comptes annuels par les associés ;
  • Effectuer un suivi rigoureux des amortissements par composants.

Ces obligations représentent un coût et une charge de gestion non négligeables, notamment pour les SCI de petite taille. Le recours à un expert-comptable est généralement indispensable.

Points de vigilance patrimoniaux

Plusieurs éléments méritent une attention particulière :

  • Le retour à l’IR est possible pendant les cinq exercices qui suivent l’option pour l’IS, mais entraîne une imposition immédiate des plus-values latentes et des réserves non distribuées. Passé ce délai, l’option pour l’IS devient irrévocable.
  • La transmission par cession de parts à l’IS suit le régime des plus-values mobilières et non celui des plus-values immobilières.
  • La stratégie de sortie (cession de l’immeuble ou cession de parts, développées plus loin) doit être anticipée bien en amont pour optimiser la charge fiscale globale ;
  • La loi relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, adoptée le 11 mai 2026, impose que toute cession de parts de SCI soit constatée par acte authentique, acte contresigné par avocat ou acte d’expert-comptable habilité, sous peine de nullité.

SCI à l’IS et TVA

Selon le type de location immobilière considéré, une SCI à l’IS peut se trouver assujettie à la TVA sur cette activité.

  • Location nue à usage d’habitation
    • Exonération de TVA de plein droit, sans possibilité d’option. C’est le cas le plus fréquent dans les SCI familiales ou patrimoniales.
  • Location nue de locaux professionnels
    • Exonération par défaut, mais option possible pour la TVA. Cette option permet à la SCI de récupérer la TVA sur ses dépenses d’investissement et de travaux, ce qui peut représenter un avantage financier significatif sur des projets avec travaux importants. Elle est en revanche irrévocable pendant 9 ans.
  • Location meublée à usage d’habitation
    • Exonération de TVA de plein droit, comme pour la location nue. Une exception s’applique lorsque la location s’accompagne d’au moins 3 des 4 services para-hôteliers suivants : petit-déjeuner, nettoyage régulier, linge de maison, réception de la clientèle. Dans ce cas, la SCI est assujettie à la TVA de plein droit.
  • Location de locaux aménagés à usage professionnel
    • Assujettissement à la TVA de plein droit, sans possibilité d’y échapper.

En cas de cession d’un immeuble sur lequel une option TVA avait été exercée, une régularisation de la TVA déduite peut être exigée sur une période pouvant aller jusqu’à 20 ans. Ce point doit être anticipé bien en amont de toute opération de cession.

Cession, transmission et sortie de la SCI à l’IS

Sortir d’une SCI à l’IS peut prendre plusieurs formes, avec des conséquences fiscales très différentes selon le mode choisi.

Cession des parts sociales et droits d’enregistrement

La cession de parts sociales d’une SCI est soumise à l’agrément préalable des autres associés si les statuts le prévoient (clause d’agrément). Cette clause standard vise à contrôler l’entrée de nouveaux associés dans la société. En l’absence de clause, la cession est libre.

Sur le plan fiscal, la cession de parts entraîne le paiement de droits d’enregistrement à la charge de l’acquéreur. La fiscalité applicable au cédant sur la plus-value réalisée est détaillée dans la section suivante. Le taux des droits dépend de la nature du patrimoine de la société (article 726 du CGI) :

  • 5 % du prix de cession, sans abattement, lorsque la société est à prépondérance immobilière, c’est-à-dire lorsque la valeur des immeubles détenus représente plus de 50 % de l’actif total ;
  • 3 % du prix de cession, après application d’un abattement de 23 000 €, pour les sociétés dont le capital n’est pas divisé en actions et qui ne sont pas à prépondérance immobilière.

La quasi-totalité des SCI étant à prépondérance immobilière par nature, c’est le taux de 5 % qui s’applique dans la grande majorité des cas.

Plus-value et fiscalité à la sortie

Deux modes de sortie principaux existent, avec des mécanismes et des conséquences fiscales différentes.

1. La vente du patrimoine immobilier suivie d’une dissolution

La société vend le ou les biens, s’acquitte de la plus-value professionnelle soumise à l’IS au taux de 25 % et conserve le solde en trésorerie. La SCI n’est pas dissoute automatiquement après la vente de son patrimoine : les associés peuvent choisir de réinvestir les sommes dans un autre bien ou de dissoudre la société.

Pour récupérer les fonds, deux situations se présentent :

  • Si la SCI continue d’exister, les associés perçoivent des dividendes, soumis au PFU à 31,4 % ou au barème progressif après abattement de 40 %.
  • Si la société est dissoute, les associés reçoivent un boni de liquidation, qui relève du régime des plus-values mobilières : PFU à 31,4 % ou barème progressif, avec abattements pour durée de détention uniquement réservés aux parts acquises avant le 1er janvier 2018.

Dans les deux cas, ce scénario crée un effet de double imposition : la société a d’abord payé l’IS sur la plus-value de cession du bien (régime fiscal des plus-values professionnelles), avant que les associés ne soient imposés à leur tour sur les sommes perçues.

2. La cession des parts

Les associés vendent leur participation dans la SCI à un tiers ou à un autre associé, l’immeuble restant dans la SCI. Les associés cédants perçoivent directement le prix de cession et n’ont plus aucun lien avec la société.

Sur le plan fiscal, la plus-value réalisée par les cédants relève du régime des plus-values mobilières. La plus-value est alors taxée au PFU de 31,4 % ou, sur option, au barème progressif.

Le choix entre ces deux modes de sortie doit être analysé au cas par cas, en intégrant les aspects fiscaux et les attentes de l’acquéreur.

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Transmission du patrimoine

La SCI, qu’elle soit à l’IS ou à l’IR, offre un cadre souple pour organiser la transmission d’un patrimoine immobilier.

Plutôt que de transmettre un bien en direct, les associés peuvent céder des parts sociales, ce qui permet de fractionner la transmission, de profiter des abattements en ligne directe (100 000 € par parent et par enfant, renouvelables tous les 15 ans) et d’éviter les contraintes de l’indivision grâce au cadre statutaire de la société.

En outre, la donation en nue-propriété avec réserve d’usufruit est une technique fréquemment utilisée : les parents transmettent la nue-propriété des parts à leurs enfants tout en conservant l’usufruit, c’est-à-dire le droit de percevoir les revenus locatifs.

Les droits de donation sont alors calculés sur la seule valeur de la nue-propriété, ce qui réduit la base taxable. Au décès des donateurs, la pleine propriété se reconstitue automatiquement chez les enfants, sans fiscalité ni frais supplémentaires.

Dans le cadre des SCI familiales, une décote de 10 à 15 % peut être admise sur la valeur des parts pour tenir compte de leur faible liquidité ou de la présence d’une clause d’agrément dans les statuts, ce qui réduit l’assiette taxable. Elle n’est pas automatique et doit être justifiée pour être acceptée par l’administration fiscale.

Le sujet de la transmission de parts de SCI à l’IS mérite une analyse patrimoniale approfondie avant toute opération.

SCI à l’IS : avantages et inconvénients

Avantages

  • Amortissement fiscal des biens immobiliers

  • Capitalisation sans imposition personnelle immédiate

  • Déduction des charges

  • Report des déficits sur le résultat imposable à l’IS sans limitation de durée

Inconvénients

  • Calcul de la plus-value immobilière désavantageux

  • Double imposition en cas de distribution des dividendes (IS payée par la SCI + imposition de l’associé)

  • Obligation de tenir une comptabilité commerciale

  • Pas d’exonération totale possible sur les cessions de parts et de plus-values immobilières du fait de l’application du régime des plus-values mobilières

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