

Le PEL et le CEL sont deux produits d’épargne réglementée conçus pour financer un projet immobilier, dont les règles de fonctionnement diffèrent sur plusieurs points essentiels. Cet article détaille ces différences pour vous permettre de comprendre quel placement correspond à vos projets et à votre horizon de temps.
- PEL ou CEL : définitions des deux placements
- Tableau comparatif entre PEL et CEL
- Conditions d’ouverture et de détention du PEL et du CEL
- Versements, retraits et disponibilité de l’épargne : différences entre PEL et CEL
- PEL ou CEL : quels plafonds de versement ?
- Taux d’intérêt du PEL et du CEL : comment sont calculés les intérêts
- Durée de vie et clôture du PEL et du CEL
- PEL ou CEL : quels droits à prêt immobilier ?
- Fiscalité des intérêts du PEL et du CEL
- Utilisation du PEL et du CEL dans un projet immobilier
- Comment choisir entre PEL ou CEL en 2026 ?
PEL ou CEL : définitions des deux placements
Découvrez les définitions du PEL et du CEL, deux placements à capital garanti avec un principe proche mais des fonctionnements différents.
Qu’est-ce que le PEL (plan épargne logement) ?
Le PEL (plan épargne logement) est un produit d’épargne réglementée dont l’objet initial est de permettre à son titulaire de constituer une épargne en vue d’un projet immobilier, puis, sous conditions, d’obtenir un prêt à taux préférentiel.
Son fonctionnement repose sur une phase d’épargne structurée : l’épargnant effectue des versements réguliers pendant une durée minimale, en échange d’un taux d’intérêt fixé à l’ouverture du plan et garanti jusqu’à sa clôture.
Le PEL est limité à un plan par personne. Il est nécessairement détenu auprès d’un établissement bancaire agréé.
Les intérêts accumulés génèrent des droits à prêt, utilisables pour financer l’acquisition ou la construction d’un logement, sous réserve de respecter certaines conditions d’ancienneté.
Qu’est-ce que le CEL (compte épargne logement) ?
Le CEL (compte épargne logement) est également un produit d’épargne réglementée orienté vers le financement immobilier, mais son fonctionnement est plus souple que celui du PEL.
Il n’ impose pas de versements réguliers obligatoires. L’épargnant peut effectivement alimenter son compte à son rythme, dans la limite d’un plafond réglementaire, et effectuer des retraits librement sous réserve de maintenir un solde minimum.
Le taux de rémunération du CEL est révisable, c’est-à-dire qu’il peut évoluer au fil du temps. Comme pour le PEL, les intérêts acquis ouvrent droit à un prêt immobilier.
Il est possible de détenir simultanément un CEL et un PEL dans le même établissement bancaire, ce qui permet de cumuler des droits à prêt.
Tableau comparatif entre PEL et CEL
Le PEL et le CEL présentent des différences importantes en matière de fonctionnement, de rendement et de disponibilité de l’épargne. Le tableau ci-dessous permet de comparer leurs principales caractéristiques.
| Critère | PEL | CEL |
|---|---|---|
| Taux de rémunération | Fixe, déterminé à l’ouverture 2 % en 2026 | Révisable 1 % depuis le 1er février 2026 |
| Versement initial minimum | 225 € | 300 € |
| Versements complémentaires | Réguliers et obligatoires 540 € par an minimum | Périodicité libre 75 € par versement minimum |
| Plafond de dépôt | 61 200 € | 15 300 € |
| Retraits | Tout retrait entraîne la clôture du plan | Retraits possibles à tout moment |
| Fiscalité | Barème de l’IR ou PFU de 31,4 % (30 % pour les plans ouverts avant 2018) | Barème de l’IR ou PFU de 31,4 % (30 % pour les plans ouverts avant 2018) |
| Durée de vie | 15 ans | Illimitée |
| Temps nécessaire avant d’emprunter | 4 ans | 18 mois (à condition d'avoir accumulé une certaine valeur d'intérêts) |
| Prêt maximum | 92 000 € | 23 000 € |
| Taux d’intérêt du prêt | 3,20 % en 2026 | 2,5 % depuis le 1er février 2026 |
| Durée du prêt | De 2 à 15 ans | De 2 à 15 ans |
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Conditions d’ouverture et de détention du PEL et du CEL
PEL et CEL partagent plusieurs conditions d’ouverture communes :
- Être résident fiscal en France ;
- Fournir les pièces justificatives requises par l’établissement bancaire ;
- Ne détenir qu’un seul plan ou compte de chaque type à la fois.
Les différences portent sur les montants minimaux à l’ouverture. Le PEL requiert un versement initial de 225 €, tandis que le CEL exige 300 €. Ces montants sont fixés par la réglementation et s’appliquent de manière uniforme dans tous les établissements bancaires.
Versements, retraits et disponibilité de l’épargne : différences entre PEL et CEL
Le PEL impose des versements réguliers selon une périodicité choisie à l’ouverture (mensuelle, trimestrielle ou semestrielle), pour un montant annuel minimum de 540 €.
Le non-respect de cette obligation peut entraîner la clôture du plan par l’établissement bancaire. Vous pouvez verser davantage que le minimum requis de façon libre, sous réserve de ne pas atteindre le plafond de dépôt.
En outre, l’épargne placée sur un plan épargne logement est considérée comme bloquée. Tout retrait partiel entraîne la clôture du plan, avec des conséquences sur les droits à prêt et sur le calcul des intérêts selon l’ancienneté du plan.
Le CEL fonctionne différemment. Aucune fréquence de versement n’est imposée, vous pouvez alimenter votre compte selon vos disponibilités financières. Il existe néanmoins une règle : chaque versement doit s’élever à 75 € minimum.
Par ailleurs, les retraits sont libres, à condition de maintenir le solde au-dessus du minimum réglementaire de 300 €. Cette souplesse rend le CEL plus adapté aux situations où la capacité d’épargne est irrégulière.
PEL ou CEL : quels plafonds de versement ?
Le plafond de dépôt du PEL est fixé à 61 200 € hors intérêts capitalisés. Celui du CEL atteint 15 300 € hors intérêts. Ces plafonds déterminent le volume d’épargne qu’il est possible de constituer sur chaque produit.
Or, les droits à prêt étant calculés à partir des intérêts acquis, un capital épargné plus élevé génère davantage d’intérêts et, par conséquent, des droits à prêt plus importants. Le plafond de versement influence donc indirectement le montant maximum empruntable à l’issue de la phase d’épargne.
Le plafond plus élevé du PEL en fait un dispositif davantage adapté aux épargnants disposant d’une capacité d’épargne importante sur le long terme.
Par ailleurs, la combinaison des deux produits peut présenter un intérêt pour un projet immobilier nécessitant un financement plus conséquent.
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Taux d’intérêt du PEL et du CEL : comment sont calculés les intérêts
Le taux du PEL est fixé à l’ouverture du plan et ne varie pas pendant toute sa durée de vie, quelle que soit l’évolution ultérieure des taux réglementaires.
Ce mécanisme offre une visibilité sur le rendement brut de l’épargne dès la souscription. Depuis le 1er janvier 2026, le taux du PEL est fixé à 2 %, contre 1,75 % en 2025.
Le taux du CEL, en revanche, est révisable. Indexé sur le taux du livret A, il est égal aux deux tiers de ce dernier et peut donc évoluer à chaque révision réglementaire, généralement deux fois par an. Depuis le 1er février 2026, il est fixé à 1 %.
Pour les deux produits, les intérêts sont calculés par quinzaine et capitalisés annuellement. C’est-à-dire qu’au 31 décembre de chaque année, ils s’ajoutent au capital épargné et produisent eux-mêmes des intérêts l’année suivante.
Durée de vie et clôture du PEL et du CEL
Le PEL suit un cadre temporel précis :
- Avant 4 ans
- La clôture anticipée entraîne des conséquences sur les droits à prêt selon l’ancienneté du plan. Avant 2 ans, les intérêts sont recalculés au taux du CEL et les droits à prêt sont supprimés. Entre 2 et 3 ans, le taux de rémunération contractuel est conservé mais les droits à prêt sont perdus. Entre 3 et 4 ans, le taux est conservé et les droits à prêt sont diminués.
- Entre 4 et 10 ans
- Le plan est dans sa phase d’épargne active, les droits à prêt sont constitués et utilisables.
- Au-delà de 10 ans
- Le PEL ne peut plus être alimenté mais continue à produire des intérêts au taux initial pendant encore 5 ans.
- À 15 ans
- Le plan est automatiquement clôturé et transformé en compte sur livret ordinaire.
À titre de comparaison, le CEL n’a pas de durée maximale réglementaire. Il reste ouvert tant que le solde minimal est respecté et que le titulaire n’en demande pas la clôture. La durée minimale pour bénéficier du prêt épargne logement est de 18 mois.
En cas d’inactivité prolongée ou de solde tombé sous le seuil réglementaire, l’établissement bancaire peut procéder à la clôture du compte.
PEL ou CEL : quels droits à prêt immobilier ?
Le principe commun au PEL et au CEL est que les intérêts acquis pendant la phase d’épargne génèrent des droits à prêt immobilier, c’est-à-dire la possibilité d’emprunter à un taux encadré pour financer un projet immobilier éligible.
Pour le PEL :
- Ancienneté minimale requise : 4 ans à compter de la date d’ouverture ;
- Montant maximal du prêt : 92 000 € ;
- Durées possibles : de 2 à 15 ans ;
- Taux du prêt : fixé selon la date d’ouverture du plan (pour les plans ouverts depuis le 1er janvier 2026, le taux est de 3,20 %).
Pour le CEL :
- Ancienneté minimale requise : 18 mois ;
- Montant minimal d’intérêts acquis : 75 € pour une acquisition ou une construction, 37 € pour des travaux de réparation ou d’amélioration, 22,50 € pour des travaux d’économie d’énergie ;
- Montant maximal du prêt : 23 000 € ;
- Durées possibles : de 2 à 15 ans ;
- Taux du prêt : 2,50 % depuis le 1er février 2026.
Vous pouvez cumuler les droits à prêt de votre PEL et de votre CEL, dans la limite de 92 000 €.
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Fiscalité des intérêts du PEL et du CEL
La fiscalité applicable aux intérêts des PEL et CEL dépend notamment de la date d’ouverture du produit.
Pour les PEL et les CEL ouverts à compter du 1er janvier 2018, les intérêts sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), dit flat tax, au taux global de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux).
Le titulaire peut opter pour l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu si cette option lui est plus favorable.
Voici les règles fiscales pour les PEL et les CEL avant 2018 :
- PEL ouverts avant le 1er janvier 2011 :
- Intérêts exonérés d’impôt sur le revenu pendant les douze premières années ;
- Prélèvements sociaux (17,2 %) prélevés une fois après 10 ans sur l’ensemble des intérêts accumulés, puis chaque année.
- PEL ouverts entre 2011 et 2018 :
- Intérêts exonérés d’impôt sur le revenu pendant les douze premières années ;
- Prélèvements sociaux au taux de 17,2 % retenus chaque année.
- CEL ouverts avant le 1er janvier 2018 :
- Exonération d’impôt sur le revenu ;
- Prélèvements sociaux de 17,2 % retenus chaque année.
Cette fiscalité s’applique au rendement brut de l’épargne et en réduit le rendement net perçu par les épargnants. Elle doit être prise en compte lorsque vous comparez ces placements avec d’autres solutions d’épargne.
Utilisation du PEL et du CEL dans un projet immobilier
Le prêt épargne logement issu d’un PEL ou d’un CEL peut financer plusieurs types de projets :
- L’achat ou la construction de la résidence principale ;
- Des travaux de réparation ou d’amélioration et d’économie d’énergie portant sur la résidence principale.
Dans le cadre d’un projet immobilier, le PEL peut davantage être adapté à un horizon de moyen ou long terme, grâce à des droits à prêt plus élevés (jusqu’à 92 000 €) et un taux fixé dès l’ouverture.
Le CEL convient généralement mieux aux projets de moindre envergure ou aux épargnants qui souhaitent conserver une certaine flexibilité dans leur épargne.
Notons que PEL et CEL ne sont pas nécessairement ouverts dans la perspective d’un projet immobilier. Les fonds épargnés sur ces deux produits peuvent en pratique être récupérés et utilisés pour tout type de projet. Cela peut également conférer à ces placements un rôle d’épargne de précaution grâce à la garantie du capital.
La différence tient aux conditions de retrait : sur un CEL, les fonds sont disponibles à tout moment sans conséquence sur le compte, tandis que sur un PEL, tout retrait entraîne la clôture du plan et une potentielle perte des avantages associés.
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Comment choisir entre PEL ou CEL en 2026 ?
Le choix entre PEL ou CEL dépend de plusieurs paramètres objectifs.
Si vous disposez d’une capacité d’épargne régulière et d’un projet immobilier à horizon de 4 ans ou plus, vous pouvez trouver dans le PEL un cadre structurant, avec un taux garanti et des droits à prêt substantiels.
À l’inverse, si vos revenus ou vos besoins de liquidité sont variables, le CEL peut s’avérer plus adapté car il n’impose pas de versements périodiques et permet des retraits à tout moment.
Il est aussi possible de détenir simultanément un PEL et un CEL. Cela permet de combiner les deux logiques : épargne structurée et droits à prêt plus importants d’un côté, épargne disponible et complémentaire de l’autre.
En pratique, les paramètres à prendre en compte sont :
- L’horizon de temps avant le projet immobilier envisagé ;
- La capacité à effectuer des versements réguliers ;
- Le besoin de disponibilité des fonds épargnés.
PEL et CEL restent néanmoins des produits d’épargne sécurisée, dont le rendement est encadré par la réglementation et souvent limité.
Aujourd’hui, il existe des options d’épargne et d’investissement potentiellement plus pertinentes en fonction de votre profil, que ce soit pour épargner ou financer un projet immobilier.
Pour les épargnants dont l’horizon de placement est long et qui sont prêts à accepter une part de risque, d’autres supports, non plafonnés, peuvent offrir des perspectives de rendement supérieures.
C’est notamment le cas de l’assurance vie en unités de compte, du plan d’épargne en actions (PEA) ou de certains placements immobiliers comme les SCPI par exemple.
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