PER après 70 ans : intérêt, versements et succession en 2026

Antoine Cesari
Publié le 3 mars 2026
| Conseiller en gestion de patrimoine
PER après 70 ans : tout ce qu'il faut savoir

La loi de finances 2026 change les règles du plan épargne retraite pour les plus de 70 ans. Souscrire ou conserver un PER après 70 ans est toujours possible, mais l’intérêt varie selon votre stratégie patrimoniale. Les détails dans cet article.

Versements sur un PER après 70 ans : ce qui change en 2026

Les règles applicables aux versements sur un PER après 70 ans ont été modifiées depuis le 1er janvier 2026.

Fin de la déductibilité fiscale des versements sur le PER après 70 ans

Avant le 1er janvier 2026, les versements volontaires effectués sur un PER (plan épargne retraite) pouvaient être déduits du revenu imposable, sans condition d’âge, dans la limite des plafonds légaux disponibles.

Désormais, les sommes versées après 70 ans ne peuvent plus être déduites du revenu imposable. Les sommes sont donc investies sans avantage fiscal immédiat.

Cette règle s’applique quel que soit le montant versé et quelle que soit la nature du PER (bancaire ou assurantiel).

Versements avant 70 ans

Les versements réalisés avant 70 ans conservent leur régime de déduction classique. Si vous avez versé 10 000 € sur votre PER à 65 ans et que vous avez bénéficié de la déduction fiscale correspondante, cet avantage reste acquis. Seuls les nouveaux versements effectués après le cap des 70 ans sont concernés par la suppression de la déductibilité.

L’objectif affiché par le législateur est de limiter les versements importants réalisés tardivement dans une logique essentiellement fiscale, sans réelle finalité de préparation à la retraite.

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Que deviennent les versements sans déductibilité ?

Sans déduction fiscale, le rôle du PER après 70 ans évolue. Il devient davantage un outil de capitalisation qu’un levier d’optimisation fiscale immédiate.

L’épargne investie continue de générer des intérêts ou des plus-values selon les supports choisis (fonds euros, unités de compte). Et tant que les sommes restent dans le plan, les gains ne sont pas imposés.

Notez que la fiscalité du PER à la sortie dépend notamment de la nature des sommes (versements déduits ou non) et le type de sortie choisi :

  • Sortie en capital : la part correspondant aux versements non déduits n’est pas assujettie à l’impôt sur le revenu. Seules les plus-values sont fiscalisées selon le barème progressif ou le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 %. Si vous avez opté pour l’avantage fiscal à l’entrée, la fiscalité est plus lourde à la sortie, avec l’imposition du capital en plus des intérêts.
  • Sortie en rente viagère : la fraction imposable de la rente dépend de votre âge au moment de la liquidation, selon le barème des rentes viagères à titre onéreux.

Face à cette nouvelle donne, il devient essentiel d’arbitrer entre plusieurs stratégies :

  • Renforcer le PER avant 70 ans : pour ceux qui n’ont pas encore atteint cet âge, il peut être judicieux de maximiser les versements défiscalisés tant que c’est possible.
  • Privilégier d’autres enveloppes après 70 ans comme l’assurance vie, qui reste souvent plus souple après 70 ans, notamment en matière de rachat. L’assurance vie après 70 ans conserve également des atouts pour la succession.

Le choix dépend de votre profil de risque, de votre horizon de placement et de vos objectifs de transmission.

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Anticiper les versements avant 70 ans pour optimiser la fiscalité du PER

La réforme du projet de loi de finances 2026 renforce l’importance du calendrier des versements. Pour profiter pleinement de la réduction d’impôt du PER, il est essentiel d’anticiper et d’utiliser ses plafonds disponibles avant 70 ans.

Cette stratégie est d’autant plus pertinente que vous disposez de plafonds de déduction reportables sur cinq ans si vous ne les avez pas utilisés les années précédentes. Avant la réforme, le report des plafonds non utilisés était limité aux trois années suivantes.

Cela permet, à l’approche des 70 ans, d’envisager un versement plus important afin d’optimiser une dernière fois la déduction fiscale.

Cette stratégie suppose :

  • Une tranche marginale d’imposition élevée ;
  • Une capacité d’épargne réelle ;
  • Et une réflexion globale intégrant retraite, liquidité et transmission.

Un bilan patrimonial réalisé quelques années avant 70 ans permet d’adopter la bonne stratégie et éventuellement d’arbitrer entre PER, assurance vie et autres placements en fonction de vos objectifs. N’hésitez pas à solliciter un conseiller pour faire le point sur votre situation personnelle.

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Souscrire un PER après 70 ans : est-ce encore possible ?

Malgré la suppression de l’avantage fiscal à l’entrée, il reste juridiquement possible d’ouvrir un PER après 70 ans, mais l’intérêt de cette démarche doit être analysé avec prudence.

Quelles conditions d’ouverture après 70 ans ?

La réforme de 2026 suscite de nombreuses interrogations, mais il est essentiel de clarifier un point fondamental : il reste parfaitement légal d’ouvrir un PER individuel après 70 ans.

La suppression concerne uniquement la déductibilité fiscale des nouveaux versements, et non le droit d’ouvrir ou de conserver un contrat.

Il convient néanmoins de distinguer le cadre légal des pratiques de marché. Les conditions d’ouverture d’un PER dépendent des établissements.

La plupart des assureurs prévoient une limite d’âge à la souscription. Elle se situe souvent entre 65 et 70 ans, même si certains contrats acceptent des adhésions plus tardives, parfois jusqu’à 75 ans ou au-delà selon les cas.

Autrement dit, si la loi autorise l’ouverture après 70 ans, l’accès effectif dépendra des conditions propres au contrat choisi.

Par ailleurs, si vous détenez déjà un PER ouvert avant vos 70 ans, aucune règle ne vous oblige à le clôturer. Le contrat peut être conservé et continuer à générer des intérêts ou des plus-values selon les supports d’investissement choisis.

Maintenir ou ouvrir un PER après 70 ans : avantages et limites

Sans la déductibilité fiscale, l’intérêt d’ouvrir un PER après 70 ans devient plus limité. Néanmoins, certaines situations particulières peuvent encore justifier son maintien ou, plus rarement, son ouverture après 70 ans.

  • Objectif de transmission via un PER assurantiel

Le PER assurantiel permet de désigner des bénéficiaires en cas de décès, via une clause bénéficiaire à l’image de l’assurance vie.

Pour un épargnant de plus de 70 ans, cela peut présenter un intérêt dans une logique d’organisation successorale, notamment pour orienter la transmission vers une personne déterminée (conjoint, enfant, tiers).

Toutefois, la fiscalité applicable en cas de décès après 70 ans est moins favorable qu’avant cet âge.

  • Gestion d’un capital existant

Si vous détenez déjà un PER alimenté avant vos 70 ans, le conserver peut être cohérent.

Les gains continuent de capitaliser sans imposition tant qu’aucun retrait n’est effectué. Dans cette situation, la question n’est pas tant celle de l’ouverture d’un nouveau plan que celle de l’opportunité de nouveaux versements.

Comparer le PER et l’assurance vie

Avant de souscrire un PER après 70 ans, il est recommandé de réaliser une analyse comparée entre le PER et l’assurance vie (tableau détaillé plus loin). Chaque enveloppe présente des avantages et des inconvénients spécifiques en termes de fiscalité, de disponibilité des fonds et de transmission. Un conseiller en gestion de patrimoine peut vous aider à identifier la solution la plus adaptée à votre profil et à vos objectifs.

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Débloquer son PER après 70 ans

Dans la plupart des cas, le PER est ouvert bien avant 70 ans et a vocation à être débloqué au moment du départ à la retraite, plutôt qu’au décès du titulaire.

Que vous ayez 70 ans ou plus, la condition pour débloquer son PER reste en effet la même : avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite.

Au moment du déblocage, trois options s’offrent à vous :

  • Sortie en capital (en une seule fois ou capital fractionné sur plusieurs années) ;
  • Sortie en rente viagère ;
  • Une combinaison des deux.
Succession d’un PER débloqué

Lorsque le PER est débloqué et les sommes retirées, ces fonds intègrent votre patrimoine personnel et suivent les règles successorales classiques en cas de décès ultérieur. Il n’existe pas de traitement fiscal particulier à ce titre, contrairement aux sommes qui restent dans le PER jusqu’au décès.

PER et succession après 70 ans : quelles règles en 2026 ?

En matière de transmission, le traitement fiscal du PER dépend étroitement de l’âge du titulaire au moment du décès, avec des écarts significatifs entre un décès avant ou après 70 ans.

Fiscalité successorale du PER : règles selon l’âge du souscripteur au décès

Décès avant 70 ans

En cas de décès du titulaire avant ses 70 ans, les capitaux transmis via un PER assurantiel bénéficient d’un régime fiscal avantageux, aligné sur celui de l’assurance vie.

Chaque bénéficiaire désigné profite d’un abattement de 152 500 € sur les sommes reçues. Au-delà de ce montant, un prélèvement forfaitaire s’applique : 20 % jusqu’à 852 500 € (après abattement) puis 31,25 % au-delà. Ces sommes échappent aux droits de succession classiques.

Décès après 70 ans

En cas de décès après 70 ans, le régime devient nettement moins favorable. Les sommes issues du PER sont transmises aux bénéficiaires désignés dans le contrat (pour un PER assurantiel) ou selon les règles de la succession (pour un PER bancaire).

Voici les règles fiscales applicables :

  • Application d’un abattement global de 30 500 € tous contrats confondus (PER et assurance vie), partagé entre tous les bénéficiaires.
  • L’ensemble des sommes présentes sur le PER (versements et gains) est pris en compte dans le calcul. C’est une différence majeure avec l’assurance vie, où seul le capital versé après 70 ans est taxé, tandis que les intérêts et plus-values restent exonérés.
  • Au-delà de l’abattement, les sommes s’ajoutent à l’actif successoral soumis aux droits de succession selon le barème progressif applicable au lien de parenté entre le défunt et chaque bénéficiaire.
Exonération pour le conjoint survivant

Le conjoint survivant ou le partenaire de PACS bénéficie d’une exonération totale de droits de succession, quel que soit le montant transmis et même au-delà de 70 ans.

Notons qu’au décès du titulaire du PER, il n’y a pas de reprise des avantages fiscaux obtenus à l’entrée. C’est-à-dire que l’administration fiscale ne réclame pas les déductions dont le souscripteur a bénéficié lors des versements.

PER bancaire vs PER assurantiel dans une logique successorale

PER bancaire : intégration dans la succession classique

Le PER bancaire fonctionne comme un compte-titres dédié à la retraite. En cas de décès :

  • Les sommes intègrent l’actif successoral ;
  • Elles sont réparties entre les héritiers selon les règles civiles (réserve héréditaire, quotité disponible) ;
  • Elles sont soumises aux droits de succession classiques selon le lien de parenté.

Il n’est pas possible de désigner librement un bénéficiaire spécifique en dehors du cadre successoral. Avant ou après 70 ans, le PER bancaire n’apporte donc aucun levier particulier en matière de transmission.

PER assurantiel : un outil plus souple pour organiser la transmission

Le PER assurantiel repose sur un mécanisme assurantiel avec clause bénéficiaire. En cas de décès :

  • Le capital est versé aux bénéficiaires désignés ;
  • La transmission s’effectue hors partage successoral (même si la fiscalité après 70 ans rejoint partiellement le régime des droits de succession).

Même si la fiscalité après 70 ans est moins favorable qu’avant cet âge, le PER assurantiel conserve un avantage majeur : la liberté de désignation du bénéficiaire. Dans une logique de transmission ciblée ou de protection du conjoint, cette souplesse peut faire la différence.

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Quelle stratégie adopter avec un PER après 70 ans ?

Face aux nouvelles règles issues de la loi de finances 2026, il devient indispensable d’adapter sa stratégie d’épargne et de transmission pour optimiser l’utilisation du PER après 70 ans.

Continuer ou arrêter les versements après 70 ans : une décision patrimoniale

Passé 70 ans, la question de l’utilisation du plan épargne retraite n’est plus seulement fiscale. Elle devient davantage patrimoniale et successorale. Il convient de se demander :

  • Faut-il continuer à alimenter le PER existant ?
  • Faut-il conserver le PER existant sans y effectuer de versements ?
  • Est-il plus judicieux de privilégier l’assurance vie pour de nouveaux versements ?
  • Quels capitaux conserver et comment organiser leur transmission ?

Les réponses dépendent de votre situation personnelle, de vos besoins de revenus, de votre profil fiscal et de vos objectifs successoraux.

PER ou assurance vie après 70 ans ? Comparatif synthétique

CritèrePERAssurance vie
Critère d’âge déterminant pour la fiscalité de la successionÂge du titulaire au décèsÂge du souscripteur au moment des versements
Transmission si décès avant 70 ansAbattement de 152 500 € par bénéficiaire*Abattement de 152 500 € par bénéficiaire*
Transmission si décès après 70 ansAbattement global de 30 500 € (versements + gains), puis droits de succession- Abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans
- Abattement global de 30 500 € sur les seuls versements effectués après 70 ans (intérêts exonérés)
Désignation des bénéficiairesOui (PER assurantiel uniquement)Oui
Souplesse des retraitsDéblocage possible en rente ou en capitalRachats libres à tout moment, rente viagère possible
Intérêt pour de nouveaux versements après 70 ansLimité sur le plan fiscal (hors succession du conjoint survivant)Souvent plus adaptée pour la transmission

*Un taux de 20 % s’applique sur les 700 000 € suivants, puis 31,25 % au-delà.

En pratique, le PER reste pertinent surtout pour gérer l’épargne déjà constituée (organisation de la sortie, protection du conjoint, complément de revenus), tandis que l’assurance vie est généralement privilégiée pour de nouveaux versements ou une stratégie de transmission optimisée après 70 ans.

L’intérêt d’un bilan patrimonial personnalisé après 70 ans

La réforme de la loi de finances 2026 renforce une réalité souvent sous-estimée : le PER n’est pas un produit universel, mais un outil qui doit s’inscrire dans une stratégie patrimoniale globale, intégrant votre fiscalité actuelle, vos besoins de revenus futurs et vos objectifs successoraux.

Après 70 ans, la sécurisation des revenus futurs et la cohérence stratégique priment généralement sur la recherche d’avantages fiscaux ponctuels.

Profitez d’un bilan patrimonial personnalisé avec un conseiller de Fortuny pour :

  • Vérifier la cohérence des versements déjà réalisés,
  • Analyser vos plafonds de déduction encore disponibles,
  • Anticiper l’impact successoral selon votre âge,
  • Éviter des décisions prises uniquement sous l’angle de l’optimisation fiscale.
Antoine Cesari
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Antoine Cesari est conseiller en gestion de patrimoine et associé cofondateur du cabinet Fortuny.

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