Investir à long terme : guide pour bien démarrer et construire votre stratégie




Beaucoup d’épargnants repoussent le moment d’investir, persuadés qu’il faut un capital important ou une solide culture financière pour se lancer. Ce faisant, ils négligent le facteur temps, un paramètre crucial pour réaliser un placement qui rapporte. Dans ce guide, vous verrez pourquoi le long terme est la stratégie la plus adaptée pour investir, quelles sont les étapes à respecter avant de se lancer, les placements à privilégier et comment construire une stratégie cohérente avec vos objectifs, sans tomber dans les erreurs les plus fréquentes.
Pour commencer, quelques rappels sur ce que signifie investir à long terme.
On parle généralement d’investissement à long terme lorsque l’argent placé n’est pas destiné à être utilisé avant huit à dix ans, voire davantage. Ce seuil correspond à la durée au-delà de laquelle les marchés financiers ont historiquement tendance à compenser leurs baisses passagères. Il s’agit également d’un horizon cohérent pour investir dans l’immobilier, en direct ou via des placements de pierre-papier.
Pour autant, l’horizon de placement dépend avant tout de votre projet. Préparer sa retraite à 35 ans, constituer un capital pour les études de ses enfants nés récemment ou se bâtir un patrimoine qui générera des revenus dans quinze ans sont autant d’objectifs de long terme.
À l’inverse, l’apport pour un achat immobilier prévu dans deux ans relève du court terme. Votre épargne doit alors rester facilement disponible et ne pas être exposée aux fluctuations des marchés.
L’épargne de court terme privilégie une disponibilité immédiate et la garantie du capital. Sa rémunération reste en revanche limitée et peine souvent à dépasser l’inflation sur la durée. Elle se loge habituellement sur des livrets sans risque (Livret A, LDDS, livrets bancaires).
L’investissement à long terme fait le choix inverse. Il requiert d’accepter une part de risque et une disponibilité moins immédiate de l’argent. En échange, vous pouvez viser un potentiel de rendement plus élevé, sans garantie de performance future néanmoins.
Les deux approches ne s’opposent pas, elles se complètent :
Zoom sur l’intérêt d’investir à long terme pour faire fructifier votre épargne.
Une somme laissée sur un compte courant perd chaque année une partie de sa valeur réelle, face à la hausse des prix. Sur dix ou vingt ans, cet effet d’érosion monétaire devient significatif.
Investir à long terme sur des actifs dont la valeur tend à progresser avec l’économie, comme les actions ou l’immobilier, vous donne les moyens de contrecarrer cette tendance. En quelque sorte, vous renversez l’impact du facteur temps en votre faveur : au lieu de perdre de l’argent à cause de l’inflation, vous cherchez à en gagner avec des placements qui surperforment la hausse des prix.
Lorsque les gains produits par un placement sont réinvestis, ils génèrent à leur tour de nouveaux gains. Ce mécanisme, appelé intérêts composés, reste discret les premières années puis prend une ampleur considérable avec le temps.
Prenons un placement de 10 000 € rapportant 4 %, gains réinvestis. Ce rendement est une hypothèse d’illustration, sans garantie, avant frais et fiscalité.
| Durée de placement | Capital obtenu | Gains cumulés |
|---|---|---|
| 10 ans | 14 802 € | 4 802 € |
| 20 ans | 21 911 € | 11 911 € |
| 30 ans | 32 434 € | 22 434 € |
Entre la dixième et la trentième année, les gains sont multipliés par plus de quatre, alors que la durée n’a été multipliée que par trois.
Sur une année, les marchés actions peuvent perdre 10 % de leur valeur, voire plus en période de crise aiguë. Ces baisses sont impressionnantes, mais elles ont historiquement été suivies de phases de reprise.
En restant investi sur le long terme, vous augmentez vos chances de bénéficier d’une remontée des cours pour effacer vos pertes latentes. À l’inverse, une stratégie plus court-termiste augmente le risque de matérialiser vos pertes, surtout si vous cédez à la panique.
Une approche similaire peut s’entendre en ce qui concerne l’investissement dans la pierre. Gardez en tête cependant que les marchés immobiliers bougent à un rythme plus lent que les marchés financiers.
Le législateur encourage l’épargne de long terme avec des enveloppes fiscales qui favorisent ce type d’investissement. Les exemples les plus connus sont l’assurance vie et le plan d’épargne en actions (PEA) :
Pour vous lancer dans l’investissement à long terme, vous devez commencer par constituer des réserves de sécurité et déterminer vos objectifs et votre rapport au risque.
Avant d’investir le moindre euro sur le long terme, assurez-vous de disposer d’une réserve d’argent immédiatement disponible pour faire face aux imprévus (panne de voiture, réparation dans le logement, baisse temporaire de revenus). On recommande généralement l’équivalent de trois à six mois de dépenses courantes, placés sur des livrets réglementés.
Cette réserve vous évite de devoir retirer vos placements de long terme dans l’urgence, parfois au pire moment et avec une fiscalité pénalisante.
Une stratégie d’investissement se construit à partir de ce que vous souhaitez accomplir. Posez-vous quelques questions simples :
Les objectifs les plus courants sont la préparation de la retraite, l’acquisition d’une résidence principale, la recherche de revenus complémentaires et la constitution d’un capital pour ses enfants en vue de la succession.
Chacun appelle des placements et un horizon différents. Vous pouvez en poursuivre plusieurs en parallèle, à condition de les identifier clairement.
Tout investissement à long terme comporte un risque de perte en capital, à des degrés divers. La question est de savoir quelle baisse temporaire vous êtes capable de supporter sans céder à la panique.
Votre tolérance au risque dépend de votre situation financière, de votre âge, de la stabilité de vos revenus, mais aussi de votre tempérament. Ces paramètres, ainsi que vos ambitions en termes de rendement, vont définir votre profil investisseur. Celui-ci pourra évoluer dans le temps, en fonction des changements de votre situation.
Vous ne savez pas par où commencer ? Les conseillers Fortuny réalisent avec vous un bilan patrimonial pour clarifier vos objectifs, votre horizon et votre profil de risque.
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Pour un investisseur qui débute, quelques enveloppes et placements suffisent à bâtir une stratégie solide. Voici une présentation rapide pour comprendre l’intérêt de chacun.
L’assurance vie est une enveloppe souple dans laquelle vous pouvez loger différents supports :
Ses atouts sont nombreux pour un épargnant qui se lance :
Le plan d’épargne en actions permet d’investir dans des actions de sociétés européennes, directement ou via des fonds et des ETF éligibles. Vous pouvez effectuer jusqu’à 150 000 € de versements sur le plan. Une fois la limite atteinte, vous ne pouvez plus investir davantage, même après un rachat. Les gains réalisés au sein du plan ne sont en revanche pas plafonnés.
Tant que l’épargne reste investie sur le PEA, vous pouvez faire évoluer votre portefeuille d’actions. En revanche, tout retrait avant cinq ans de détention entraîne sa fermeture. Après cinq ans, les rachats sont libres et les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux restant dus.
Le PEA convient à ceux qui acceptent la volatilité des actions et visent un horizon long. Il ne permet pas en revanche d’investir directement dans des actions hors d’Europe : pour ce faire, mieux vaut se tourner vers un compte-titres ordinaire (CTO).
Le plan d’épargne retraite est conçu pour se constituer un complément de revenus à la retraite. Les sommes versées peuvent être investies sur un fonds euros ou des unités de compte, de façon similaire à l’assurance vie.
Vos versements sont alors déductibles de votre revenu imposable, dans la limite du plafond épargne retraite. Pour un salarié, ce plafond correspond en 2026 à 10 % des revenus professionnels de 2025, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 €. Il est également possible de bénéficier du rattrapage des plafonds non utilisés des trois années précédentes.
Cet avantage est d’autant plus intéressant que votre taux marginal d’imposition est élevé. Mais ne négligez pas les contreparties de cette réduction d’impôt à l’entrée :
Les sociétés civiles de placement immobilier permettent de devenir associé d’un parc immobilier diversifié (bureaux, commerces, santé, logistique, résidentiel) en achetant des parts de la SCPI. La société de gestion se charge de la recherche des locataires, de l’entretien et de l’encaissement des loyers. Vous percevez une quote-part des revenus locatifs, généralement chaque trimestre.
Les SCPI sont accessibles avec un ticket d’entrée bien inférieur à celui d’un achat immobilier en direct. Elles peuvent être détenues en direct, achetées à crédit ou logées au sein d’un contrat d’assurance vie, avec réinvestissement automatique des dividendes.
Dans une logique d’investissement long terme, notez que de nombreux véhicules proposent l’investissement progressif, dès 50 € par mois, et le réinvestissement des dividendes pour faire croître votre patrimoine. Dans ce dernier cas, la fiscalité reste cependant due sur les revenus distribués et réinvestis, bien que vous ne les ayez pas encaissés.
L’investissement SCPI correspond à un placement de long terme, sur une durée de huit à dix ans minimum d’après les recommandations des sociétés de gestion. La valeur des parts et les revenus distribués peuvent varier à la hausse ou à la baisse. La liquidité des parts à la revente n’est pas garantie.
Une fois les bases posées, d’autres solutions peuvent enrichir votre stratégie. Voici deux exemples proposés par les conseillers de Fortuny :
Ces placements s’adressent plutôt à des investisseurs qui disposent déjà d’un socle d’épargne diversifié.
| Placement | Horizon conseillé | Niveau de risque | Disponibilité de l'argent | Point fort |
|---|---|---|---|---|
| Assurance vie | 8 ans et plus | Faible à élevé selon les supports | Retraits possibles à tout moment | Souplesse, fiscalité après 8 ans, transmission |
| PEA | 5 ans et plus | Élevé | Retraits possibles, clôture du plan avant 5 ans sauf exceptions | Exonération d'impôt sur le revenu après 5 ans |
| PER | Jusqu'à la retraite | Faible à élevé selon les supports | Bloqué sauf cas de déblocage anticipé | Déduction des versements du revenu imposable |
| SCPI | 8 à 10 ans et plus | Modéré | Revente des parts non garantie, délais possibles | Revenus locatifs sans gestion |
| Nue-propriété | Durée du démembrement | Modéré | Faible pendant le démembrement | Décote à l'achat, aucune gestion |
| Private equity | 5 à 10 ans et plus | Élevé | Argent bloqué plusieurs années | Potentiel de performance élevé |
Diversification, investissement progressif, suivi dans le temps : trois conseils à retenir pour investir à long terme.
La diversification consiste à ne pas concentrer toute son épargne sur un seul placement ou une seule classe d’actifs. En combinant des supports dont les performances n’évoluent pas au même rythme (fonds euros, actions, obligations, immobilier), vous réduisez l’impact d’une baisse ponctuelle sur l’ensemble de votre patrimoine.
La répartition entre ces supports, appelée allocation d’actifs, dépend de votre horizon et de votre tolérance au risque. Les exemples ci-dessous sont indicatifs et ne constituent pas un conseil personnalisé.
| Profil | Supports sécurisés (fonds en euros) | Immobilier (SCPI) | Actions et unités de compte dynamiques |
|---|---|---|---|
| Prudent | 50 à 70 % | 10 à 25 % | 10 à 25 % |
| Équilibré | 30 à 50 % | 15 à 30 % | 30 à 45 % |
| Dynamique | 10 à 30 % | 10 à 25 % | 50 à 70 % |
Ces fourchettes donnent un ordre de grandeur. La répartition adaptée à votre situation ne peut être définie qu’après une analyse de vos objectifs, de votre horizon et de votre profil de risque.
Plutôt que de chercher le meilleur moment pour investir, vous pouvez mettre en place des versements réguliers, chaque mois par exemple. Sur les marchés financiers, cette méthode DCA (dollar cost average) lisse votre prix d’achat moyen : vous achetez davantage d’actions lorsque les marchés baissent et moins lorsqu’ils montent.
Le recours à l’investissement progressif, également utilisable avec une assurance vie, un PER ou encore des SCPI, présente aussi un avantage précieux, au sens où il vous permet d’automatiser votre effort d’épargne. Vous ne risquez plus d’oublier d’investir ou de changer d’avis de manière intempestive. Notez toutefois qu’il reste généralement possible de modifier ou de suspendre vos versements programmés.
Une stratégie d’investissement n’est pas figée. Votre situation personnelle, vos revenus et vos objectifs évoluent, et votre allocation doit suivre. À mesure que l’échéance d’un projet approche, il est souvent pertinent de sécuriser progressivement une partie des gains en réduisant la part des actifs les plus risqués.
Prévoyez de faire le point au moins une fois par an, ainsi qu’à chaque changement important de votre vie (mariage/divorce, naissance, changement d’emploi, héritage).
Chaque situation est unique. Un conseiller Fortuny peut vous aider à définir une allocation adaptée à vos objectifs et à sélectionner les supports les plus pertinents parmi l’ensemble du marché.
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Attention à ces cinq erreurs à éviter quand on commencer à investir sur le long terme.
Personne, pas même les professionnels, ne sait prédire avec certitude l’évolution des marchés. À force d’attendre un point d’entrée idéal, beaucoup d’épargnants laissent passer des années de performance.
Sur un horizon long, le temps passé investi compte bien plus que la date d’entrée.
Sans objectif ni horizon clairement définis, il devient difficile de choisir les bons placements, de doser le risque et de garder le cap dans les moments difficiles. C’est souvent en l’absence de cap que les décisions impulsives l’emportent.
Concentrer son épargne sur une seule action, un seul secteur ou un seul bien immobilier expose à un risque important. Une diversification entre plusieurs classes d’actifs, zones géographiques et enveloppes fiscales reste la meilleure parade contre les mauvaises surprises.
Tout placement intègre des frais. Plus précisément, tout support d’investissement prévoit des frais propres, comme les frais de gestion. Puis, selon le type d’investissement considéré, vous pouvez avoir affaire à des frais d’entrée prélevés sur vos versements et aux frais de gestion de votre enveloppe fiscale.
Un écart de 1 % par an peut sembler modeste, mais il réduit sensiblement le capital final sur vingt ou trente ans. Comparer les frais fait pleinement partie d’une bonne stratégie de long terme.
Les baisses de marché font partie de la vie d’un investissement de long terme. Vendre au plus fort d’une crise revient à transformer une perte latente en perte définitive. De plus, vous vous privez d’un rebond ultérieur.
Si votre allocation est adaptée à votre profil, la meilleure décision consiste souvent à ne rien faire, voire à poursuivre vos versements.
L’offre de placements est vaste, les règles fiscales évoluent régulièrement et investir sur le long terme vous engage sur plusieurs années. L’accompagnement d’un conseiller en gestion de patrimoine s’avère donc précieux pour naviguer dans cet environnement.
Un conseiller indépendant commence par analyser votre situation dans sa globalité (revenus, patrimoine existant, fiscalité, situation familiale, projets). Il vous aide ensuite à hiérarchiser vos objectifs, à choisir les enveloppes les plus adaptées et à construire une allocation cohérente avec votre profil.
Surtout, il vous accompagne dans la durée, en ajustant votre stratégie lorsque votre situation ou le contexte évoluent et en vous aidant à garder le cap lors des périodes de turbulence.
Fortuny est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant, membre de l’Anacofi-CIF et immatriculé à l’ORIAS. Nos conseillers ne sont liés à aucun établissement financier, ce qui leur permet de sélectionner les solutions les plus pertinentes pour vous parmi l’ensemble du marché, qu’il s’agisse d’assurance vie, de PER, de SCPI, d’immobilier ou de Private Equity.
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Avec quelle somme peut-on commencer à investir à long terme ?
Il n'existe pas de montant minimum pour commencer à investir sur le long terme. De nombreux contrats d'assurance vie et de PER peuvent être ouverts avec quelques centaines d'euros, puis alimentés par des versements programmés de quelques dizaines d'euros par mois. L'essentiel est de commencer tôt et de maintenir une régularité dans vos versements.
Quel est le meilleur placement à long terme pour un débutant ?
Aucun placement n'est le meilleur dans l'absolu. Pour un débutant, l'assurance vie constitue souvent un point de départ pertinent, grâce à sa souplesse, sa diversité de supports et sa fiscalité avantageuse après huit ans. Le choix dépend toutefois de vos objectifs, de votre horizon et de votre situation fiscale.
Vaut-il mieux investir en une fois ou progressivement ?
Investir une somme en une fois l'expose immédiatement aux marchés, ce qui peut être avantageux en période de hausse mais pénalisant en cas de baisse rapide. Investir progressivement lisse le prix d'achat et limite le risque de mal choisir son moment. Pour un épargnant débutant, les versements programmés offrent souvent le meilleur équilibre entre performance et sérénité.
Peut-on récupérer son argent avant la fin de l'horizon prévu ?
Cela dépend du placement. Les retraits sont possibles à tout moment sur une assurance vie, avec une fiscalité moins favorable avant huit ans. Un retrait sur un PEA avant cinq ans entraîne en principe la clôture du plan. L'épargne placée sur un PER reste bloquée jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé. Les parts de SCPI peuvent être revendues, mais sans garantie de prix ni de délai. Veillez à bien comprendre la liquidité de l’investissement que vous envisagez avec l’aide d’un conseiller.
Investir à long terme, est-ce sans risque ?
Non. Un horizon long réduit l'impact des fluctuations de court terme, mais il ne supprime pas le risque de perte en capital, notamment sur les actions, l'immobilier ou le Private Equity. C'est pourquoi il est important de diversifier ses placements, d'adapter son allocation à son profil et de ne jamais investir l'argent dont on pourrait avoir besoin à court terme.
L'allocation d'actifs correspond à la façon de répartir votre capital entre grandes catégories de placements : actions,
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