Dispense d’acompte fiscal : comment en bénéficier ?

Antoine Cesari
Actualisé le | Publié initialement le 7 novembre 2023
| Conseiller en gestion de patrimoine
Comment bénéficier de la dispense d'acompte fiscal

La date limite pour demander la dispense d’acompte fiscal en 2025, afin de pouvoir en bénéficier en 2026, approche. Découvrez si vous êtes éligible et comment effectuer la demande dans le but de ne pas payer une avance d’impôt sur les revenus de vos placements.

En quoi consiste la dispense d’acompte fiscal ?

Vous payez un impôt au titre des revenus issus de vos placements fiscalisés. Vous pouvez toutefois bénéficier d’une dispense d’acompte. Qu’est-ce que cela signifie ?

Qu’est-ce que la dispense d’acompte ?

Si vous détenez des placements fiscalisés, les revenus issus de ces derniers sont soumis au PFU (Prélèvement forfaitaire unique) par défaut. L’Etat prélève ainsi un acompte obligatoire lors du versement des intérêts et/ou des dividendes.

Effectivement, dans le cadre du PFU, ou flat tax, ce sont 31,4 % (ou 30 % dans certains cas) qui sont prélevés par la banque et reversés à l’administration fiscale depuis 2026. Ils sont divisés en deux parties :

  • 18,6 % de prélèvements sociaux (ou taux dérogatoire de 17,2 %) ;
  • Et 12,8 % de prélèvement forfaitaire non libératoire, à titre d’acompte d’impôt sur le revenu.

Demander une dispense d’acompte permet d’éviter le prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 %. Cela offre ainsi la possibilité de ne pas être taxé(e) à l’avance à chaque fois que vous percevez de l’argent de vos placements.

Notons que les prélèvements sociaux ne sont pas concernés par cette dispense. Ils doivent être payés lorsque vous touchez vos intérêts ou dividendes.

Hausse de la CSG en 2026

La CSG sur les revenus du patrimoine et de placements a été revu à la hausse de 1,4 % en 2026, portant le taux des prélèvements sociaux de 17,2 à 18,6 %. Le taux de 17,2 % reste toutefois applicable à certains placements, comme l’assurance vie, le PEL ou le CEL, et revenus.

Pour pouvoir en profiter en 2027, la date limite pour effectuer la demande est le lundi 30 novembre 2026. Cette option s’applique donc aux revenus de placements perçus en 2027 : pour en bénéficier au titre des revenus encaissés en 2026, il fallait demander une dispense d’acompte avant la fin du mois de novembre 2025.

Les placements concernés par la dispense d’acompte

Observons plus en détail les types de revenus concernés par la dispense d’acompte :

  • Les intérêts provenant des livrets bancaires non exonérés (c’est-à-dire hors livret A, LDDS, LEP et livret jeune) ;
  • Les intérêts d’un CEL ou d’un PEL souscrits depuis le 1er janvier 2018 (le taux du PFU reste alors à 30 %, au lieu de 31,4 %) ;
  • Les intérêts versés par des opérations de financement participatif, dont le crowdfunding immobilier
  • Les intérêts liés à la détention de parts sociales ;
  • Les dividendes issus des placements financiers tels que le compte-titres.
Exceptions

Pour les produits issus d’un rachat sur l’assurance vie et de la sortie en capital d’un PER, la demande doit être formulée au plus tard à l’encaissement des revenus.

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Les conditions de revenus pour la dispense de prélèvement forfaitaire non libératoire

La demande de dispense peut se faire seulement si vous répondez aux critères d’éligibilité définis par la loi. Il existe en effet des conditions de revenus à respecter pour ne pas payer l’acompte.

Pour profiter de la dispense du prélèvement forfaitaire non libératoire en 2027, le revenu fiscal de référence indiqué sur votre dernier avis d’imposition, reçu durant l’été 2026, ne doit pas dépasser certains seuils. Ces derniers varient selon la nature du revenu perçu : intérêts ou dividendes.

En effet, pour les intérêts perçus, vous pouvez bénéficier de la dispense d’acompte de 12,8 % si votre revenu fiscal de référence pour l’année N-2 était inférieur à 25 000 € pour une personne seule ou 50 000 € pour un couple soumis à imposition commune.

En ce qui concerne les dividendes perçus, votre revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année doit être inférieur à 50 000 € pour une personne seule ou 75 000 € pour un couple (marié ou pacsé) afin de profiter de la dispense d’acompte.

Voici un tableau récapitulatif des plafonds de revenus pour bénéficier de la dispense en 2027 :

Situation du foyer fiscalDispense de l’acompte pour les intérêtsDispense de l’acompte pour les dividendes
Célibataire, divorcé(e), veuf(ve), concubinsRevenu fiscal de référence* < 25 000 €Revenu fiscal de référence* < 50 000 €
Marié(e) ou Pacsé(e)Revenu fiscal de référence* < 50 000 €Revenu fiscal de référence* < 75 000 €

*Revenu fiscal de référence mentionné sur l’avis d’imposition 2026

Comment éviter d’avancer l’impôt sur les dividendes et intérêts en 2027 ?

Zoom sur les démarches à respecter pour demander à être dispensé du prélèvement de l’acompte fiscal de 12,8 % en 2027.

Effectuer la demande de dispense d’acompte avant le 30 novembre 2026

Pour ne pas avancer le montant de l’acompte fiscal, vous devez transmettre à votre banque une attestation sur l’honneur indiquant que vous respectez les conditions d’éligibilité relatives aux revenus. Comme mentionné précédemment, cette demande doit être effectuée avant le 30 novembre 2026 pour que la dispense s’applique aux revenus perçus en 2027.

Respect des conditions d'éligibilité

Attention, si vous demandez la dispense d’acompte alors que vous ne respectez pas les conditions d’éligibilité, vous risquez une amende de 10 % du montant des prélèvements ayant fait l’objet d’une dispense à tort.

Le renouvellement de la dispense n’est pas automatique. Vous devez formuler la demande chaque année si vous souhaitez continuer d’en bénéficier (si les conditions de revenus sont toujours respectées).

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Le paiement de l’impôt reste requis en 2028

L’absence d’acompte fiscal à régler au moment du versement des intérêts ou dividendes ne constitue pas une exonération d’impôt. Il s’agit d’éviter de fournir une avance à l’État avant de devoir payer l’impôt dû sur les intérêts et dividendes.

Votre situation fiscale sera régularisée avec la déclaration de revenus du printemps 2028, dans laquelle vous devez indiquer le montant des intérêts et dividendes perçus en 2027, ceux-là même qui bénéficieront de la dispense demandée avant le 30 novembre 2026.

L’activation de la dispense d’acompte fiscal s’avère particulièrement pertinente si vous avez intérêt à cocher la case 2OP dans la déclaration de revenus. Celle-ci vous permet de remplacer le PFU par l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu, à laquelle s’ajoutent les prélèvements sociaux.

Attention toutefois, la dispense d’acompte n’entraîne pas automatiquement l’imposition au barème progressif. Il faudra dans tous les cas cocher la case 2OP.

Imposition au barème progressif

Attention, cette option s’applique à l’ensemble de vos revenus entrant dans le champ du prélèvement forfaitaire unique. Néanmoins, depuis 2026, vous avez la possibilité de révoquer votre choix, en modifiant votre déclaration avant ou après la date limite. Vous pouvez également réaliser une simulation préalable afin de tester les deux scénarios.

Que faire en cas de prélèvement forfaitaire non libératoire déjà versé ?

Si vous n’avez pas envoyé votre demande de dispense d’acompte dans les temps, la banque qui vous verse les intérêts ou les dividendes procédera automatiquement au prélèvement de 12,8 % sur vos gains, qu’elle reversera aux impôts.

Néanmoins, si vous êtes non imposable, ou imposé à 11 % (taux marginal d’imposition), vous pourrez tout de même obtenir le remboursement de la somme, ou de l’excédent.

Pour ce faire, vous devrez cocher la case 2OP sur votre déclaration de revenus, et choisir l’imposition au barème progressif au lieu de la flat tax.

Antoine Cesari
Antoine Cesari - Conseiller en gestion de patrimoine Prendre rendez-vous avec Antoine Cesari

Cofondateur de Fortuny en 2015, Antoine Cesari conseille des clients en gestion de patrimoine depuis 2010. Il accompagne ses clients dans leurs projets d'épargne, de constitution de revenus complémentaires et d'optimisation fiscale, à travers des placements immobiliers et financiers adaptés à chaque profil : SCPI, assurance vie, PER, Private Equity, Girardin industriel, etc. Ses articles s'appuient sur les situations concrètes qu'il rencontre au quotidien auprès des clients du cabinet.

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